Felix Padel, anthropologue, travaille avec les tribus de l’Etat d’Orissa, à l’est de l’Inde, et plus particulièrement avec les Dongria Kondh en faveur desquels Survival international mène campagne depuis dix ans. Il est l’arrière petit-fils de Charles Darwin et vit dans un village isolé de l’Orissa. Dans cet entretien, il évoque l’étroite relation des Dongria Kondh avec leurs montagnes, leur lutte héroïque contre la compagnie minière britannique Vedanta, et aborde la question de la théorie de l’évolution appliquée aux peuples indigènes.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vivre et travailler avec les Dongria Kondh?
Il n’est pas facile d’expliquer comment commencent de telles collaborations. J’ai été attiré par la beauté des paysages, des collines et des torrents mais surtout par l’humour, les danses et la beauté de ce peuple.

Felix PadelFelix Padel

© Felix Padel

Parlez-nous de la relation des Dongria Kondh à leur montagne sacrée Niyamgiri?
Les Dongria observent le niyam, la règle traditionnelle qui consiste à ne prélever que le strict nécessaire de la nature. Leur religion est fondée sur le respect du monde naturel. Pour les Dongria, il est inconcevable d’abattre la forêt au sommet des montagnes, en particulier celle de Niyam Dongar.

Le dieu suprême des Dongria est Niyam Raja – le ’roi de la loi’. Pour eux, respecter la loi implique de préserver la nature et en particulier les forêts situées au sommet du Niyam Dongar, la demeure de Niyam Raja. Ils comprennent peut-être mieux que certains scientifiques que les forêts situées au sommet de la montagne retiennent l’eau, permettant un écoulement pérenne, l’une des caractéristiques les plus marquantes de la région de Niyamgiri. En absorbant les pluies de la mousson, le dépôt de bauxite au sommet du Niyam Dongar joue le rôle d’une éponge. Il les retient et les laisse s’écouler doucement tout au long des mois chauds d’été. Lorsque cette strate de bauxite est exploitée, comme cela a été le cas à Panchpatmali, au sud-ouest de Niyamgiri, les torrents permanents s’assèchent.

Kalia, Dongria Kondh, debout devant la colline de Niyamgiri.Kalia, Dongria Kondh, debout devant la colline de Niyamgiri.

© Lewis Davies/Survival

Quand les Anglais ont effectué les premiers prélèvements de bauxite dans l’Orissa, au début des années 1900, ils nommèrent la base rocheuse ‘Khondalite’, en honneur à la relation des Kondh avec ces montagnes.

Sur toutes les montagnes où l’on trouve de la bauxite, une trentaine dans la région, vivent des communautés tribales (principalement kondh) prêtes à mourir pour protéger leurs montagnes.

Dans les années 1940, une enquête officielle fut effectuée auprès des Dongria sur leur religion. Ils donnèrent pour seule réponse : Dongar, la ‘montagne’. D’autres peuples indigènes, en Amérique du Nord par exemple, ressentent également cette intime connexion avec leurs montagnes, les percevant comme source de fertilité et de vie. Comme le dit une femme dongria : ‘Nous avons besoin de la montagne et la montagne a besoin de nous!’

Quelles sont les plus grandes menaces auxquelles sont confrontés les Dongria Kondh?
Le gouvernement de l’Etat d’Orissa a récemment interdit le tourisme dans les tribus qui amenait régulièrement des visiteurs à Niyamgiri depuis Puri, une ville côtière. Cette interdiction a tout d’abord été demandée par des maoïstes qui avaient kidnappé un couple de touristes italiens.

Ces excursions étaient avilissantes pour les Dongria qui étaient payés pour danser devant les touristes. Mais aussitôt après que l’interdiction fut prononcée, les villages furent perquisitionnés par le CRPF (forces de police de la réserve centrale) qui, en apparence, recherchait des maoïstes.


© Survival

En réalité, le CRPF intimidait la population afin qu’elle accepte les projets miniers de Vedanta. Les membres du CRPF ont depuis ouvert le feu sur les villageois pour les terrifier. Ils ont exercé de fortes pressions sur les Dongria, allant jusqu’à les attacher aux arbres dans leur campement pour les interroger. Ils mènent régulièrement des incursions dans les villages, traitant les Dongria avec beaucoup d’irrespect.

Selon des sources dignes de foi, Vedanta organisait des banquets pour la police lorsqu’elle visitait les villages dongria. Le gouvernement devrait veiller à ce que la police respecte les Adivasis [du sanscrit ‘habitant originaire’, terme désignant les peuples aborigènes de l’Inde] et mettre fin a l’impunité de ceux qui les maltraitent ou agissent de manière injuste à leur égard.

A propos du ‘tourisme tribal’, je suis certain que de nombreux voyageurs aimeraient avoir un comportement bienveillant vis-à-vis des autochtones. Il faudrait mettre en place un système qui permettrait aux Dongria et aux autres tribus d’avoir le plein contrôle du tourisme sur leur territoire. Après le vote historique des villages [La Cour Suprême indienne a ordonné en avril 2013 la consultation des communautés affectées par le projet de Vedanta.12 villages votèrent contre la mine], les menaces d’exploitation minières ont diminué. Mais nous savons d’expérience que les compagnies minières ont tendance à laisser patiemment venir les choses et à manipuler les communautés locales pour les diviser. Les Dongria le savent bien qui ont heureusement développé un fort sentiment de confiance mutuelle et de solidarité.

Quel impact aurait la construction d’une mine à ciel ouvert sur les Dongria Kondh?
Les Dongria en entrevoient les conséquences mieux que quiconque. Les hommes de Vedanta eux-mêmes ont emmené plusieurs Dongria visiter la mine de bauxite de Nalco, à Panchpatmali. Sur le chemin de la mine, tout au long d’une route abrupte, on peut voir des dizaines de panneaux prometteurs appelant à la préservation de la nature et à la ‘restauration’ de la forêt une fois l’exploitation minière terminée. Malgré ces promesses, quiconque ayant vu Panchpatmali ne peut se faire des illusions. La ‘restauration’ de la forêt ne consiste qu’à planter des eucalyptus, là où il y avait une forêt luxuriante. La compagnie minière avait pourtant promis une forêt encore ’plus belle qu’avant’!

La mine de bauxite de Panchpatmali.La mine de bauxite de Panchpatmali.

© Survival

Les Dongria Kondh qui vivent au pied de la montagne de Panchpatmali insistent fortement sur le fait que les cours d’eau réguliers se sont asséchés. Leur vie s’est transformée en enfer. Ils montent au sommet de la montagne et travaillent dans la mines de bauxite pour un salaire dérisoire. La forêt a disparu sur des kilomètres à la ronde.

De même, la vie des Baiga et des Gond qui vivent autour des mines de Chattisgarh, où Vedanta extrait une grande part de sa bauxite, s’est considérablement dégradée. Les Dongria sont déjà affectés par les nuisances sonores et lumineuses de la raffinerie de Lanjigarh de l’autre côté du Niyam Dongar. Si on exploitait le gisement de Niyam Dongar, cela aboutirait à la destruction de l’écosystème soigneusement géré de Niyamgiri.

Quel serait l’impact environnemental d’une telle entreprise minière?
Les cours d’eau commenceraient immanquablement à s’assécher. La pollution et son impact sur la faune sauvage affecteraient gravement le mode de vie des Dongria. Ils sont d’ailleurs très conscients de cela.

Parlez-nous des méthodes agricoles des Dongria Kondh et de la connaissance qu’ils ont de leur environnement?
On estime qu’un Dongria moyen connait au moins 400 plantes sauvages, utilisées pour l’alimentation ou pour leurs propriétés médicinales. Lorsque vous marchez dans un village dongria, il est difficile de faire la différence entre la forêt, les jardins ou les champs, les arbres fruitiers se confondant avec la forêt.

Une femme dongria kondh dans un champ de millet, Etat dOrissa, Inde.Une femme dongria kondh dans un champ de millet, Etat dOrissa, Inde.

© Toby Nicholas/Survival

On y trouve des jacquiers, des manguiers, des bananiers, des papayers, des orangers et toutes sortes d’arbres fruitiers. Et des ananas à foison. Cette abondance a été amplement décrite par Gopinath Mohanty – un célèbre écrivain originaire de l’Etat d’Orissa qui a publié de merveilleux romans et nouvelles sur les tribus et qui fut nommé administrateur gouvernemental dans la région dongria dans les années 1960, une fonction qu’il a remplie avec une grande sensibilité.

Les Dongria pratiquent l’agriculture sur brûlis et cultivent une immense variété de plantes alimentaires sur les pentes raides des collines (mais jamais au sommet). Ils maintiennent un bon niveau de vie grâce à l’agriculture et à la vente de fruits et de bien d’autres produits.

Qui plus est, ils ne prélèvent que le strict nécessaire de la nature. Cette attitude est la clé d’une relation réelle et durable avec notre environnement naturel basée sur la limitation de la prédation.

Une petite fille dongria kondh.Une petite fille dongria kondh.

© Jason Taylor/Survival

Comme le disait il y a quelques années Lodu Sikoka [président de Niamgiri Surakhya Samiti, l’organisation fer de lance des mouvements contre la mine] lors d’une réunion publique : ‘Certains voient les gisements situés au sommet du Niyamgiri sous la forme de millions de roupies y restant inutilisées – mais ce n’est pas de l’argent, c’est notre Maa Baap [mère et père] qui nous nourrit, et nous mourrons s’il le faut pour le défendre!’

Il existe une autre tribu qui lutte pour sauver sa montagne, pouvez-vous nous en parler?
Oui ce sont les Pauri Bhuiya et leur histoire me hante. Comme les Dongria Kondh, ils sont identifiés en Inde en tant que ‘groupes tribaux particulièrement vulnérables’. Ils vivent dans la chaîne montagneuse de Khandadhara dans le district de Sundargarh au nord de l’Etat d’Orissa, où POSCO (4ème producteur mondial d’acier, basé en Corée du Sud) et d’autres compagnies minières veulent y exploiter des gisements de fer et de manganèse. A Khandadhara, la plus haute chute d’eau de l’Etat d’Orissa s’écoule spectaculairement sur le flan de la montagne – le plus beau site que je connaisse.

Les Pauri Bhuiya sont cependant beaucoup plus réservés que les Dongria et moins agressifs face aux intrusions. Ils ouvrent des jardins dans la forêt où ils cultivent des arbres fruitiers comme les Dongria, mais le Département forestier s’efforce depuis des années de les déplacer au bas des montagnes, les installant dans des villages de plaine misérables, sous prétexte que leur méthode d’agriculture détruit la forêt.

La réalité est effectivement tout autre. Ces dernières années, la compagnie Kalinga Commercial Corporation Ltd a implanté dans les collines ce qui est probablement la plus grande mine d’Orissa, Kurmitar. Des centaines d’ouvriers y extraient chaque jour des quantités de fer et de manganèse qui sont ensuite exportées en Chine et en Corée du Sud.

L’un des 24 sommets de la chaine du Khandadhara a été entièrement rasé, il n’y a plus trace de forêt ni de couche arable, ce qu’aux Etats-Unis on appelle ‘mountaintop removal’ (mine à ciel ouvert). Les Adivasis de Khandadhara devraient prendre exemple sur la lutte des Dongria Kondh et sur les décisions des gram sabha [conseils villageois].

Dans quelle mesure pensez-vous que les Dongria Kondh vont pouvoir résister aux pressions extérieures?
Ils ont exprimé clairement le fait que c’est leur territoire, leurs montagnes, et je suis sûr qu’ils n’accepteront pas le développement proposé par Vedanta.

La place des femmes dans la société dongria kondh est unique en Inde, comment expliquez-vous cela?

Femme dongria kondh, colline de Niyamgiri, Inde.Femme dongria kondh, colline de Niyamgiri, Inde.
© Survival

En effet, vous pouvez voir la différence dans la manière de s’habiller – leur croyance en le niyam est visible dans l’anneau nasal en or et autres ornements qu’elles portent, ainsi que dans les tatouages sur leur front. Lorsque vous rencontrez des femmes dongria, vous comprenez que leurs attributs ne sont pas quelque chose qui est imposé par les hommes – les femmes sont en réalité les meilleures gardiennes de la tradition. Elles jouent un grand rôle dans l’agriculture et vendent elles-mêmes leur production.

Les femmes se sont montrées très fortes dans la lutte pour la sauvegarde de Niyamgiri – comme dans tous les mouvement de défense de la terre et des ressources en Inde. Parce qu’elles portent littéralement en elles les générations suivantes, elles comprennent souvent mieux que les hommes que le bien-être des générations futures dépend de la préservation de leur terre et de leur environnement et elles ont même plusieurs manières de le dire.

Quels rituels ont lieu lors de la fête des récoltes?
Comme le cycle annuel hindou, celui des Dongria est ponctué de plus d’une douzaine de fêtes. Les Dongria prennent part à plusieurs importantes fêtes hindoues, se rassemblant dans les villes pour participer à celles de Shiva, Jagannath et autres déités qu’ils considèrent comme les leurs. Leurs fêtes sont liées au cycle agricole naturel des ‘premiers fruits’.

Un rituel dongria kondh, Etat dOrissa, Inde.Un rituel dongria kondh, Etat dOrissa, Inde.

© Jason Taylor/Survival

Dans ces fêtes de récoltes durant lesquelles ont lieu des sacrifices de buffles, les chamanes s’habillent en rouge comme les femmes, un sabre dans chaque main, probablement pour personnifier Darni Pernu, la déesse de la Terre. En un sens, les sacrifices de sang sont considérés comme des offrandes à la Terre Mère et tous les animaux qui sont consommés sont sacrifiés – une mort sans doute meilleure que dans les abattoirs des ‘sociétés civilisées’!

Le rite qui consiste à marcher sur des braises chaudes est pratiqué par les ‘saints hommes’ et par beaucoup de membres de la communauté et de villages hindous voisins. Je l’ai moi-même pratiqué, en suivant la tradition des Indiens d’Amérique du Nord. C’est un sentiment étonnant de découvrir que si l’on se détend et si l’on se concentre, on peut marcher sur des braises chaudes sans se brûler. Comme l’enseigne la tradition des Indiens d’Amérique du Nord, marcher sur des braises chaudes nous aide à nous concentrer sur un objectif et ce, dans tous les aspects de la vie.

Les Dongria Kondh et les autres tribus d’Inde sont perçus en Inde comme des arriérés. Qu’en pensez-vous?
Il s’agit d’un malheureux héritage de l’anthropologie de l’ère coloniale qui a produit les premières monographies des sociétés tribales indiennes. Elles y étaient toujours décrites comme primitives en tant que ‘superstitieuses’, ‘non-économiques’, ‘analphabètes’, etc. Les perceptions changent avec le temps parmi les plus éduqués, la catégorie ‘Groupes tribaux primitifs’ a, par exemple, récemment été remplacée par ‘Groupes tribaux particulièrement vulnérables’.

Manifestation lors de lassemblée générale de Vedanta en 2009.Manifestation lors de lassemblée générale de Vedanta en 2009.
© Survival

Il est cependant intéressant de constater que lorsque certains d’entre nous se sont opposés à Vedanta qui qualifiait les Dongria d’’arriérés’ lors de son assemblée générale à Londres, l’un des directeurs, Naresh Chandra, a justifié l’usage de ce terme sous prétexte qu’il apparaît dans la Constitution indienne, comme par exemple dans la catégorie ‘Other Backward Castes’ (autres castes arriérées) à laquelle appartiennent les Adivasis et les Dalit. Il y a donc encore du pain sur la planche, même sous l’angle de la perception officielle.

En tant que descendant de Darwin, je ressens très fortement que la théorie de l’évolution a été mal comprise. Darwin démontre comment des milliers d’espèces se sont développées en relation les unes avec les autres selon des voies séparées et distinctes. Cependant, lorsque cette théorie a été appliquée à la société humaine, c’était toujours selon un schéma monolithique, comme si les sociétés traditionnelles se trouvaient au ‘premier niveau de développement’. Les gens les plus éduqués le perçoivent toujours ainsi, même si la réalité ne confirme pas cette position! Considérer les peuples indigènes comme des gens primitifs et arriérés c’est faire soi-même preuve d’une mentalité arriérée! C’est une manière de percevoir les autres qui n’a pas évoluée depuis l’ère coloniale.


© Jason Taylor/Survival

Il faut comprendre que les sociétés tribales telles que les Dongria sont, dans certains domaines, bien plus développées que la société dominante qui, à bien des égards, peut se montrer arriérée ou sous-développée. Comme par exemple dans la limitation de la prédation et le respect de la nature qui sont les bases d’une réelle durabilité ; dans les danses et chants traditionnels à travers lesquels les tribus se divertissent au lieu de devenir des consommateurs passifs de ‘stars’ médiatiques; et dans un système de valeurs qui privilégie le partage par rapport à la compétition.

Si vous assistez à un conseil tribal, vous vous rendrez compte que ce sont de vrais modèles de démocratie où les gens expriment leurs opinions sans crainte et où l’objectif poursuivi est le consensus. Ce qui est très différent du modèle général de la démocratie où seuls deux ou trois partis politiques sont engagés dans la compétition et l’opposition constantes, dans un système où les élections dépendent principalement du financement des partis. Il n’est pas étonnant que Vedanta ait récemment alloué des fonds importants au Congrès et au BJP [Bharatiya Janata Party – ‘parti du peuple indien’, l’un des principaux partis politiques en Inde, de tendance nationale-hindouiste]!

En ce qui concerne la justice, contrairement au système de la société dominante où l’un perd et l’autre gagne et où le verdict ne semble dépendre que du montant des honoraires encaissés par les avocats, celui des Adivasis permet aux parties de parler librement, avant que ne soit infligée une amende – généralement à toutes deux – et de consacrer le montant de ces amendes à l’organisation d’un banquet de réconciliation. Pourriez-vous trouver justice plus civilisée que celle-là?

Lors de 12 réunions de conseils de villages (gram sabha), les Dongria Kondh ont unanimement, sans surprise, voté ‘non’ au projet minier dans leurs collines. Quel sera selon vous le résultat final?
Ces 12 réunions ont été un exemple réellement impressionnant de démocratie participative et j’espère bien que le ministère de l’Environnement et des Forêts respectera cette décision en interdisant l’exploitation minière dans le Niyamgiri une bonne fois pour toutes.

La Cour suprême s’est montrée parfaitement honorable en ordonnant ce referendum, ainsi que le gouvernement de l’Orissa qui l’a organisé – même s’il n’a pas été mené dans plus de villages, comme les Dongria et leurs soutiens l’auraient souhaité. Cependant, l’impartialité de ce vote unanime doit être reconnue et louée.

Manifestation des Dongria Kondh contre Vedanta Resources, Niyamgiri, Inde.Manifestation des Dongria Kondh contre Vedanta Resources, Niyamgiri, Inde.

© Survival

Ce qui est également tout à fait remarquable c’est que les Dalit ont massivement voté avec les Dongria, alors que dans d’autres régions ces communautés sont divisées. Les Dongria ont également rejeté la patta (propriété de la terre) individuelle, ce qui rend plus facile l’application du Forest Rights Act (loi sur les droits forestiers). Village après village, ils ont insisté sur le fait que toute cette terre est la leur, en d’autres termes, qu’elle est une propriété collective, qui est le schéma tribal traditionnel de la gestion de la terre.

Il est à espérer que cet exemple mémorable de démocratie participative soit reconduit dans d’autres lieux et qu’il inspire d’autres mouvements de peuples qui luttent pour préserver l’intégrité de leurs territoires et de leurs écosystèmes.

Dans mon dernier livre (Ecology, Economy : Quest for a Socially Informed Connection, avec Ajay Dandekar et Jeemol Unni, Delhi 2012, Ed. Orient BlackSwan) je mets en valeur le système économique des Adivasis pour leur usage parcimonieux de l’environnement. Il est possible que le modèle dongria de démocratie participative inspire en Inde une transition majeure vers un système économique fondé sur des valeurs écologiques.

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