Tourisme et peuples autochtones

Les voyages permettent à ceux qui le souhaitent de partir à la rencontre de cultures, de traditions et de modes de vie qui leur sont inconnus, mais à cette liberté, s’associe le privilège de pouvoir choisir la façon d’aborder ces rencontres. Les voyageurs qui envisagent de visiter les territoires autochtones doivent réfléchir sérieusement aux effets à long terme que cette rencontre aura sur les peuples autochtones, et non pas se limiter à l’excitation passagère d’une nouvelle expérience ou à la gloire éphémère de l’histoire à raconter une fois de retour chez eux.

Si les touristes ne voyagent pas de façon responsable en territoire autochtone, il existe une réelle menace que le tourisme détruise la vie des populations autochtones à travers le monde.

Si vous visitez un parc national ou faites un safari, soyez alertés du fait que vous soutenez un modèle de protection de la nature “sous cloche”, en raison duquel des millions de personnes autochtones à travers le monde ont été expulsées illégalement de leurs territoires ancestraux. Ces expulsions continuent et détruisent les communautés autochtones.

Nous vous conseillons vivement de rechercher si la “nature sauvage” que vous visitez était autrefois l’habitat de peuples autochtones. Ont-ils été expulsés? Si oui, parlez-en. Le moins que vous puissiez faire est de soulever ce problème avec les gardes du parc, les agents, les agences de voyage, entreprises locales proposant des circuits touristiques, etc.

En Inde, le cas de la tribu des Jarawa est un exemple extrême de la façon dont le tourisme peut mal tourner, avec des tours opérateurs qui vendent des voyages pour aller rendre visite à cette tribu récemment contactée à la manière des ‘safari humain’.

Faire la promotion de voyages en utilisant des termes péjoratifs comme «primitif», et en faisant de la publicité sur leur ‘nudité’ montre clairement un manque de respect. Les tours opérateurs n’ont pas le droit de vendre les Jarawa dans le cadre d’un package voyeuriste, dans lequel leur intimité et leur mode de vie sont mis sous le viseur d’une caméra étrangère. Les forcer à danser en échange de bonbons et de petits gâteaux, pour l’amusement des spectateurs, n’est possible que s’ils ne sont pas considérés comme totalement humain.

Malheureusement, l’existence de safaris humains dans les îles Andamans n’est pas un cas isolé, cette pratique existe également dans d’autres régions de l’Inde et du monde entier. Il est crucial que les touristes boycottent ces «attractions» contraires à l’éthique, de façon à supprimer la demande d’un marché aussi peu intéressant.

Les voyages en territoire autochtone chez des peuples autochtones qui ne sont pas en contact régulier avec des étrangers doivent être évités à tout prix. De tels contacts sont dangereux pour tout le monde. Les peuples autochtones isolés sont les sociétés les plus vulnérables de la planète. Ils n’ont aucune immunité face aux maladies telles que la la grippe et la rougeole. Il n’est pas rare que 50% d’une tribu disparaisse dans l’année du premier contact.

  • Trois conseils aux touristes qui voyagent en territoire autochtone : *

A FAIRE :

1. Renseignez vous bien avant de partir et boycottez les voyages contraires à l’éthique (malheureusement Survival est incapable de conseiller des tours opérateurs éthiques)

2. Privilégiez les entreprises qui travaillent en étroite collaboration avec les peuples autochtones et qui partagent équitablement les revenus avec eux (Survival est incapable de donner des conseils sur ce sujet)

3. Respectez les cultures et les traditions du peuple autochtone auquel vous rendez visite

A NE PAS FAIRE :

1.Traiter les peuples autochtones comme s’ils étaient primitifs et arriérés

2. Visiter les zones où les peuples autochtones ont été contraints de quitter leurs terres

3. Prendre des photos et des films des peuples autochtones, sauf si vous êtes sûrs d’avoir obtenu leur consentement. Pour plus d’informations, consultez notre guide à l’attention des réalisateurs.

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