Le Brésil enquête sur le meurtre d’Indiens isolés

Au cours d'une vaste opération mobilisant plus d'une centaine de policiers fédéraux brésiliens, dix-huit personnes ont été arrêtées mardi dernier pour crimes contre les Indiens et l'environnement.

L'opération ‘Rio Pardo' enquête sur l'assassinat présumé des membres d'un groupe non contacté, connus comme les Indiens du Rio Pardo. Durant la dernière décennie, leur terre a été envahie par des colons et des compagnies d'exploitation forestière. La police a émis 70 mandats d'arrêt et 90 avis de recherche dans 7 Etats.

La Funai, la Fondation nationale de l'Indien, mène une course contre la montre. Deux équipes tentent d'établir le contact avec les Indiens dans la région du Rio Pardo. Cette semaine, la télévision brésilienne a diffusé les premières images de ces Indiens, recueillies par la Funai. On y voit brièvement un homme accompagné de deux femmes abattre un arbre pour recueillir du miel, puis disparaître soudain dans la forêt. On ne sait rien de ces Indiens dont on ne connaît ni la langue ni l'origine.

Il s'agit de la première ‘rencontre' officielle de ce groupe qui prouve que certains de ses membres sont toujours en vie. Le mois dernier, la Funai a également découvert des campements temporaires abandonnés où se trouvaient encore de la nourriture et des biens, signe que les Indiens ont dû précipitamment quitter les lieux. La Funai soupçonne les colons et les coupeurs de bois de vouloir chasser les Indiens pour prendre possession de leur terre. Un décret protège temporairement ce territoire qui n'a pas encore été délimité et officiellement reconnu comme ‘territoire indigène'. Les compagnies d'exploitation forestière qui ne tiennent pas compte de ce décret continuent de déboiser la région.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘L'extermination d'un groupe ethnique, quelle que soit sa taille, relève du génocide. Le territoire des Indiens du Rio Pardo doit être immédiatement reconnu et protégé, sinon ces Indiens disparaîtront totalement.'


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