Le taux de mortalité des Guarani au plus haut

Deux enfants guarani de la communauté de Ñanderú Marangatú sont morts la semaine dernière, portant à 7 le nombre de décès directement liés à l'expulsion de leur territoire en décembre 2005.

Les deux enfants, le premier âgé de 13 mois et le second de seulement 15 jours, sont décédés mardi dernier sur un campement au bord d'une route où survit la communauté depuis décembre dernier. La veille de Noël, quelques jours après que des policiers armés aient expulsé les 400 Indiens de leur territoire, des hommes de main avaient assassiné leur leader Dorvalino Rocha. Quatre jeunes enfants sont également décédés depuis le début de l'année.

Les Guarani ont vécu plusieurs années sur une minuscule parcelle de 9 hectares mais n'ont jamais cessé de mener campagne pour reprendre possession de leur territoire de Ñanderú Marangatú dont le président du Brésil a finalement ratifié la démarcation en mars 2005. La signature présidentielle est généralement la dernière étape du processus de démarcation, mais les éleveurs contestent cette démarcation devant la Cour Suprême.

Les Guarani suspectent que le nouveau-né de 15 jours mort la semaine dernière ait été empoisonné aux pesticides. ‘L'autre enfant… se portait bien, elle n'avait aucun problème', a déclaré le leader guarani Léia Aquino Pedro, ‘mais depuis qu'elle est arrivée au bord de la route, elle a commencé à perdre du poids, c'est comme ça que cela se passe. C'est le genre de choses qu'on ne peut expliquer'.