Les Penan : "notre forêt est en train de disparaître"

Neuf leaders penan du Sarawak en Malaisie ont interpellé ce mois-ci les spectateurs du Festival de musique des forêts tropicales, qui se tient dans leur pays, pour dénoncer la disparition de leur forêt.

"Pendant que vous goûtez aux sons de la forêt tropicale, nous n'entendons plus que le bruit des tronçonneuses et des tracteurs" ont-ils déclaré.

"Au fur et à mesure que nos forêts disparaissent, elles sont remplacées par des plantations de palmiers à huile et d’acacias. Nous ne pouvons rien tirer de ces nouvelles forêts, ni eau, ni nourriture, ni bois de construction, ni remèdes. Sans nos forêts et nos terres nous devenons des indigents, nous perdons nos maisons, nous ne pouvons espérer de bons emplois et nous n’avons plus rien à transmettre à nos enfants qui n’ont plus d’avenir. Tout comme vous, nous avons le droit de vivre sur la terre de nos ancêtres".

Les leaders penan ont également rencontré des représentants du gouvernement de l'Etat du Sarawak pour leur demander de reconnaître leurs droits territoriaux et d'arrêter de délivrer des concessions aux bûcherons et aux exploitants de palmiers à huile.

Les Penan sont des chasseurs-cueilleurs nomades. Ils vivent désormais dans des villages, mais environ 300 d’entre eux continuent de vivre de manière totalement nomade dans la forêt.

Des Penan ont érigé des barricades sur les routes qui traversent leur forêt pour empêcher les bûcherons de détruire leur habitat.

Selon les législations malaisienne et internationale, les Penan ont des droits sur leur territoire et doivent être consultés avant toute exploitation forestière de celui-ci, mais ces droits sont ouvertement bafoués.