Les violations des droits de l’homme continuent 10 ans après les Accords de paix

Le 2 décembre prochain marquera le dixième anniversaire des Accords de paix signés entre le peuple jumma des Chittagong Hill Tracts et le gouvernement du Bangladesh qui n’a que très peu respecté ses engagements.

Violences, spoliations de terres et intimidations n’ont fait qu’empirer dans la région des Chittagong Hill Tracts depuis l’instauration de l’état d’urgence en janvier dernier.

Le 27 novembre, Survival et d’autres organisations remettront simultanément aux représentations diplomatiques bangladaises du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France, des Pays-Bas, d’Espagne et d’Italie une lettre adressée à leur gouvernement. La lettre demande l’application totale des Accords de paix et la fin des violations des droits de l’homme. A Londres, une manifestation aura lieu devant l’ambassade du Bangladesh.

Depuis l’indépendance du Bangladesh en 1971, les onze tribus indigènes des Chittagong Hill Tracts sont victimes d’assassinats, de tortures et de viols de la part de l’armée nationale. Des centaines de milliers de colons bengalis ont été installés par le gouvernement sur leur territoire.

Le 2 décembre 1997, le gouvernement avait signé un Accord de paix avec les Jumma dans lequel il s’engageait à retirer les camps militaires installés dans la région et à mettre un terme à la spoliation de leurs terres par les colons et l’armée. Cet Accord avait suscité un immense espoir, mais les camps militaires sont toujours basés dans les Hill Tracts et les violences et les spoliations n’ont pas cessé.

Depuis l’instauration de l’état d’urgence en janvier dernier, plus de 50 militants jumma ont été arrêtés, souvent incriminés à tort. Nombre d’entre eux ont été torturés.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « La politique du Bangladesh vis-à-vis des Jumma a été génocidaire. En signant les Accords de paix, le pays avait quelque peu sauvé sa réputation, mais 10 ans plus tard, devant l’intensification des violations des droits de l’homme, l’attention internationale doit se porter une fois de plus sur les Chittagong Hill Tracts. »

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