Situation des peuples indigènes des îles Andaman et Nicobar

Quatre tribus appartenant au groupe dit « negrito » vivent sur les îles Andaman : les Grands Andamanais, les Onge, les Jarawa et les Sentinele. Deux tribus « mongoloïdes » vivent quant à elles sur les îles Nicobar : les Shompen et les Nicobarais.

Les tribus « negrito » auraient quitté l'Afrique pour les îles Andaman il y a plus de 60 000 ans. Toutes sont composées de chasseurs-cueilleurs nomades chassant les porcs sauvages et les varans, pêchant à l'arc et à la flèche, récoltant des racines, des baies et du miel dans la forêt. Les tribus mongoloïdes sont probablement arrivées des côtes de Birmanie et de Malaisie sur l'archipel de Nicobar il y a plusieurs milliers d'années.
 
La situation actuelle :
• Les Grands Andamanais (population estimée à 43) : c'est la tribu qui a le plus souffert du contact avec l'extérieur, sa population ayant chuté de 99% depuis la première colonisation britannique des îles. Ils vivent depuis plusieurs années dans un campement gouvernemental où ils sont complètement dépendants de l'aide de l'Etat. Le tsunami ayant détruit leur village, ils ont été transférés vers la capitale de l'île, Port Blair.
• Les Onge, (population estimée à 100) : leur forêt ancestrale a été pillée par les braconniers et les bûcherons. Ils ont été sédentarisés par l'administration indienne et sont dépendants de l'aide alimentaire gouvernementale. Les 73 Onge vivant à Dugong Creek ont survécu en se réfugiant sur les hauteurs après avoir observé le mouvement de l'océan qui se retirait.
• Les Jarawa (population estimée à 250) : ils ont depuis six ans des contacts amicaux avec le monde extérieur. Ils vivent sur les côtes ouest des îles de Sud et Moyen Andaman et semblent avoir tous survécu au tsunami. Ils mènent une vie totalement autosuffisante de chasse, cueillette et pêche. La principale menace pesant sur leur existence est la route qui traverse leur territoire : la Cour Suprême a ordonné en 2002 sa fermeture mais le gouvernement indien ignore pour l'instant cette décision.
• Les Sentinele (population estimée de 50 à 250) : c'est la tribu la plus isolée de l'archipel, n'ayant aucun contact pacifique avec l'extérieur et  repoussant tout étranger au moyen de flèches. Ce sont des chasseurs-cueilleurs entièrement autonomes. Leur territoire, l'île de Sentinel, semble avoir été relativement épargnée par le tsunami et un certain nombre d'entre eux ont été vus après le raz-de-marée.
• Les Shompen (population : 380) : cette tribu composée de chasseurs-cueilleurs vit relativement isolée sur l'île de Grand Nicobar, limitant ses contacts avec l'extérieur. Des survols de leur territoire laissent penser que la forêt n'a subi que peu de dommages et que la tribu aurait été plus au moins épargnée.
• Les Nicobarais (population : environ 30 000) : contrairement aux autres tribus, les Nicobarais sont majoritairement des horticulteurs sédentaires. La plupart d'entre eux se sont convertis au christianisme et sont beaucoup plus assimilés que les autres tribus des îles Andaman et Nicobar, tout en maintenant leur propre culture. Les Nicobarese ont été beaucoup plus touchés. L'ensemble des 12 villages de l'île de Car Nicobar a été englouti et il y aurait très peu de survivants.

Remarque sur la terminologie : les peuples indigènes des îles Andaman et Nicobar ne sont pas plus « primitifs » qu'ils ne vivent à « l'âge de pierre ». Leur mode de vie n'est pas le même qu'il y a des milliers d'années, leurs cultures sont, comme toutes les autres, en évolution constante. Si leurs territoires et leurs ressources sont protégés, il n'y a aucune raison pour que ces tribus ne continuent pas à vivre et à prospérer.


Pour plus d'informations, contacter :
à Londres : Sophie Grig et Miriam Ross, chargées de campagne pour Survival qui se rendent régulièrement dans les îles Andaman et qui sont en contact avec nos représentants sur place.
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à Paris : Magali Rubino
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