Assassinat d’un leader indien

Marcos Veron, l'un des plus importants porte-parole des Indiens guarani-kaiowá, originaires du Mato Grosso do Sul, vient d'être abattu par des hommes armés. Marcos, qui avait 70 ans, est le troisième Indien victime d'assassinat depuis le début de l'année. Il était le chef d'une communauté qui lutte depuis une cinquantaine d'années pour récupérer sa terre spoliée par des éleveurs de bétail.

Ces derniers mois, les membres de cette communauté s'étaient établis au bord d'une route après leur expulsion, par la police et l'armée, d'une partie de leur terre ancestrale qu'ils avaient tenté de réoccuper.

En 2000, Veron se rendit en Europe à l'occasion du lancement du rapport de Survival sur la situation des Indiens du Brésil 'Dépossédés. Les Indiens du Brésil' (paru en français dans Ethnies n° 28, Survival, 2001). Il témoigna alors : ‘Les propriétaires terriens tirent sur nous, incendient nos maisons et tuent nos enfants. Ils essaient par tous les moyens de nous faire disparaître… c'est pourquoi j'ai dû faire tout ce chemin pour faire reconnaître nos droits.' La perte de la quasi totalité de leur territoire au bénéfice des éleveurs de bétail a précipité une situation de crise au sein de la société guarani-kaiowá qui aujourd'hui présente le plus haut taux de suicide du monde.

Durant la brève période de réoccupation de sa terre ancestrale, Veron avait déclaré : 'Là est toute ma vie, là se trouve mon âme. Si vous me privez de cette terre, vous me prenez ma vie.'

Stephen Corry, directeur général de Survival a exprimé sa vive préoccupation devant ce nouvel assassinat : 'Les paroles prophétiques de Marcos se sont tragiquement révélées exactes. La situation catastrophique des Guarani-Kaiowá et de nombre d'autres tribus indiennes du Brésil est le dossier le plus urgent que doit traiter le président Lula, nouvellement élu.'