Débat au Sénat brésilien sur la situation dramatique des Indiens guarani

Cinq jours après la présentation aux Nations Unies du rapport de Survival International sur la situation des Guarani qui dénonçait le déni de leurs droits par le gouvernement brésilien, la Commission des droits de l’homme du Sénat s’est réunie mardi dernier pour discuter des graves problèmes de discrimination et de violence auxquels sont confrontés les Guarani.

Plusieurs sénateurs, des représentants indigènes, le procureur fédéral chargé de la question des terres guarani et des anthropologues participaient à la réunion.

La sénatrice Marina Selva, qui a organisé ce débat, a constaté que le développement des cultures de soja et de canne à sucre et la croissance de l’industrie de viande bovine conduisent à l’usage de la violence envers les Guarani et les forcent à quitter leurs terres ancestrales.

Elle a ajouté que ces problèmes mettent la vie des Guarani en danger et que les taux d’alcoolisme, de malnutrition et de suicide ne cessent d’augmenter au sein de leurs communautés.

Anastácio Peralta, porte-parole guarani kaiowá, a déclaré à la Commission : ‘Les mentalités n’ont pas évolué depuis 500 ans : on exploite toujours les Indiens et la terre pour le profit. Nous sommes traités comme du bétail dont l’alimentation est rationnée’.

Le procureur public Marco Antônio Delfino de Almeida a souligné le traitement inhumain infligé aux Guarani, dénonçant qu’ils ‘n’ont pas accès aux même services que les autres citoyens. C’est un cas de préjudice inacceptable… La question indigène dans le pays doit devenir une priorité’.

Il a ajouté : ‘Il n’y a rien de plus dégradant et d’humiliant pour les peuples indigènes que de recevoir une aide alimentaire. Les peuples indigènes ont besoin de terre pour la cultiver et nourrir leur famille. Le traitement qu’ils subissent est une forme de violence’.

L’anthropologue Rubens Tomás de Almeida a demandé que la délimitation de la terre ancestrale des Guarani soit entreprise afin de la leur restituer.

Rosana Kaingang, représentante de l’Association des peuples indigènes du Brésil (APIB), a indiqué que ‘si le Brésil était démocratique, il n’emprisonnerait pas nos leaders, ne violerait pas nos droits et n’enverrait pas la police envahir nos maisons à l’aube pour arrêter nos leaders’.