La Journée mondiale de la santé mentale marquée par un taux inégalé de suicide chez un groupe indien du Brésil

Une famille guarani endeuillée du Brésil attend à côté d’un cercueil.

Une famille guarani endeuillée du Brésil attend à côté d’un cercueil.
© Joaó Ripper/Survival

A l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, Survival International dénonce les conséquences dramatiques de la perte des terres sur les peuples indigènes.

Une épidémie de suicides unique en Amérique du Sud frappe les Indiens guarani du Brésil. 625 membres de ce groupe se sont donné la mort depuis 1981, le plus jeune avait à peine 9 ans.

Au cours des dernières décennies, les Guarani ont pratiquement été spoliés de toutes leurs terres par les agriculteurs et les éleveurs de bovins.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé : ‘le taux de suicide des peuples indigènes est souvent plus élevé que celui de la moyenne nationale. Selon le lieu et le groupe d’âge, il peut atteindre plus de 100/100 000 par an, et être de deux à trois fois plus élevé, voire même plus, que le reste de la population’.

Les Indiens guarani qui ont été expulsés de leurs terres, vivent dans une pauvreté extrême en bordure des routes

Les Indiens guarani qui ont été expulsés de leurs terres, vivent dans une pauvreté extrême en bordure des routes
© CIMI

Cette prédominance est particulièrement répandue chez les Guarani. Une enquête initiée par le ministère brésilien de la Santé a conclu que leur taux de suicide était 19 fois plus élevé que celui de la moyenne nationale. Il a également constaté un taux disproportionné chez les jeunes et les adolescents.

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘Il ne pourrait y avoir de signal plus clair de la situation dramatique dans laquelle vivent ces Indiens que celui du suicide de leurs enfants. Il s’agit là d’un terrible acte d’accusation du ‘miracle’ économique brésilien sur la dépossession des Guarani. Les suicides cesseront lorsqu’il n’y aura plus d’expulsions’.

Pour plus d’informations sur les conséquences de la perte des terres et du développement imposé sur les peuples indigènes, voir sur le site de Survival Le progrès peut tuer.