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 #IndigenousUnderAttack en Inde

Les Adivasi, peuples autochtones et tribaux de l’Inde, sont attaqués par le gouvernement Modi et les organisations de protection de la nature. Ils sont confrontés à des menaces pour leur vie, leurs terres et leur survie.

En 2019, la Cour suprême de l’Inde a émis un ordre d’expulsion concernant 8 millions de personnes. Dans le même temps, le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a tenté de faire adopter des lois forestières draconiennes qui permettraient aux gardes forestiers de tirer sur les gens en toute impunité et qui sapent irrémédiablement l’indispensable loi sur les droits forestiers (Forest Rights Act).

Le gouvernement de Modi prévoit également la création d’un registre national des citoyens. Associées à une loi discriminatoire sur la base de la religion, ces mesures risquent de rendre les Adivasi apatrides et constituent un génocide législatif : une tentative d’extinction des peuples Adivasi par des lois et des politiques.

Il n’est pas surprenant que Modi renforce ses relations avec le président Bolsonaro : tous deux imposent des politiques dévastatrices pour les peuples autochtones. Au Brésil comme en Inde, les peuples autochtones sont attaqués, mais ils résistent activement et ont besoin qu’un maximum de personnes les soutiennent.

Menaces sur la citoyenneté et les droits religieux

Cérémonie dongria kondh, Orissa, IndeCérémonie dongria kondh, Orissa, Inde
© Jason Taylor/Survival

 

Diversité et identité attaquées

 

Dans l’Inde de Modi, la diversité est attaquée et les conséquences pour les citoyens non hindous sont graves. Une préoccupation nationale et internationale croissante s’exprime quant à l’impact sur les musulmans en Inde, mais on est moins conscient de la manière dont les nouvelles lois et politiques affecteront les communautés adivasi.

 

Outils pour supprimer la diversité

 

La récente loi d’amendement de la citoyenneté (Citizenship Amendment Act, CAA) a suscité de vastes protestations dans l’ensemble de l’Inde car elle vise à discriminer les citoyens sur la base de la religion et constitue une violation de l’esprit de la constitution indienne en tant que nation laïque.

Cette loi a été couplée à une proposition de registre national des citoyens (National Register of Citizens, NRC) qui devrait être déployé dans tout le pays. Si cela se produit, les personnes qui ne peuvent pas prouver leur citoyenneté au moyen des bons documents pourraient être déclarées apatrides et transférées dans des centres de détention. 

Le NRC a été expérimenté en Assam où le gouvernement construit déjà d’énormes centres pour détenir les près de deux millions de personnes qui ne figurent pas sur la liste du NRC dans cette région.

 

Impacts sur les Adivasi

 

À travers l’Inde, les Adivasi sont les plus touchés par les expulsions pour des projets de conservation de la nature et des projets industriels. Nombre d’entre eux n’ont pas les documents nécessaires pour prouver leur identité. 

« Le CAA/NRC aura un effet terrible sur les Adivasi. Les Adivasi se verront refuser leur citoyenneté, seront détenus dans des camps de détention et les intrus seront réhabilités sur leurs terres et territoires. Ceci est inacceptable. Les Adivasi sont les premiers habitants du pays ; ils doivent être exclus des CAA/NRC et leurs terres, territoires et ressources doivent être protégés. » Gladson Dungdung, activiste et écrivain adivasi.

La loi d’amendement de la citoyenneté stipule que la citoyenneté sera accordée sur la base de la religion et que les personnes doivent indiquer quelle est leur religion. Seules les grandes religions sont reconnues, et non les religions des nombreux Adivasi du pays, dont les croyances sont fermement ancrées dans leur lien avec leurs terres. 

La combinaison d’une absence de documents et de l’obligation de s’intégrer dans une religion dominante est profondément dangereuse pour les Adivasi.  

 

Le Forest Rights attaqué

 

Les Baiga et les Gond ont été bannis de la réserve de tigres de Kanha qui a été leur foyer durant d'innombrables générations.Les Baiga et les Gond ont été bannis de la réserve de tigres de Kanha qui a été leur foyer durant d’innombrables générations.
© Survival

 

Une loi vitale menacée 

 

Pour les peuples autochtones en Inde, la loi sur les droits forestiers (Forest Rights Act) est un élément essentiel de la législation qui reconnaît à la fois les droits individuels et collectifs d’utiliser, protéger et gérer leurs forêts. 

Elle a été conçue pour réparer « l’injustice historique » envers les habitants traditionnels des forêts indiennes, mais elle est constamment remise en cause par le gouvernement de Modi, les forestiers et les organisations de protection de la nature, et ce malgré les preuves croissantes que les peuples autochtones sont les meilleurs défenseurs de l’environnement.  

 

Expulsion massive de 8 millions de personnes ordonnée

 

Dans une affaire portée par des organisations de protection de la nature opposés à la loi sur les droits forestiers (Forest Rights Act), la Cour suprême indienne a ordonné en février 2018 l’expulsion de 8 millions de personnes autochtones et d’autres habitants traditionnels de la forêt. 

« Nous demandons sans équivoque à la Cour suprême de réévaluer cet ordre rétrograde anti-personnes qui jettera des millions d’Adivasi et d’autres habitants traditionnels de la forêt dans les rues. » V.S.Roy David, responsable national de l’Alliance nationale des Adivasis (NAA

Démontrant son mépris pour les droits des peuples autochtones, le ministère des affaires autochtones du gouvernement indien ne s’est même pas présenté aux audiences du tribunal pour défendre sa propre loi. 

Ce n’est qu’après d’intenses pressions politiques que le gouvernement a pris des mesures et que l’ordre d’expulsion a été suspendu. La prochaine audience de la Cour suprême sur cette affaire est imminente et la menace d’une expulsion massive pèse toujours sur des millions de personnes.

 

Modifications dangereuses des lois sur les forêts

 

Akash Orang, un garçon autochtone de sept ans, a été mutilé à vie après qu'un garde lui ait tiré dessus dans le parc national de Kaziranga. Le parc a une politique de « tir à vue ».Akash Orang, un garçon autochtone de sept ans, a été mutilé à vie après qu’un garde lui ait tiré dessus dans le parc national de Kaziranga. Le parc a une politique de « tir à vue ».
© Survival

En 2019, un projet d’amendement secret à la loi forestière coloniale de l’Inde, qui transformerait quasiment les forêts indiennes en un État policier, a fuité dans la presse. Il avait été rédigé par de hauts responsables des forêts et le secrétaire général du WWF Inde. 

Il aurait donné des pouvoirs quasi-judiciaires ahurissants aux gardes forestiers qui auraient été en mesure de tirer impunément sur les populations autochtones et de remettre des terres forestières à des entreprises privées après avoir expulsé les habitants de la forêt. 

Huit mois après que ces informations aient fuité, suite aux protestations nationales et internationales, le gouvernement indien a retiré les modifications proposées à la loi.

Cependant, les Adivasi et les activistes en Inde sont convaincus que cette menace n’a pas disparu et soupçonnent le gouvernement de vouloir revenir à la charge d’une autre manière.

 

Expulsions des réserves de tigres 

Camp de relocalisation du village de Kabathgai, pour les personnes expulsées de la réserve de tigres de Similipal.Camp de relocalisation du village de Kabathgai, pour les personnes expulsées de la réserve de tigres de Similipal.
© eleonorafanari

La vie de centaines de milliers d’Adivasi dans les réserves de tigres indiennes est détruite au nom de la conservation de la nature. Le gouvernement indien, avec le soutien d’ONG de protection de la nature telles que la WCS, les expulse illégalement de la terre où ils ont toujours vécu et qu’ils ont toujours protégée.

Ils sont souvent menacés, trompés et harcelés pour qu’ils « acceptent » de quitter leurs maisons en forêt. Le gouvernement prétend qu’il s’agit de « relocalisations volontaires », mais les enquêtes de Survival ont montré sans équivoque que, dans de nombreux cas, les expulsions ont lieu sans le consentement libre, informé et préalable (CLIP) et sont donc illégales. 

Les tentatives du gouvernement Modi de saper la loi sur les droits forestiers, combinées aux attaques contre la diversité religieuse et aux difficultés à prouver la citoyenneté, rendent les Adivasi encore plus vulnérables aux expulsions forcées.

 

Attaque sur la diversité et la biodiversité

 

Les faits montrent que les peuples autochtones sont les meilleurs protecteurs de l’environnement. Par conséquent, les atteintes aux droits des Adivasi sur leurs terres, leurs existences et leurs modes de vie constituent également une attaque contre la biodiversité de l’Inde. 

 « Comment pourrions-nous nuire à la forêt ? C’est nous qui sauvons la forêt. Tant que nous serons ici, la forêt ira bien. Si nous quittons cet endroit, la forêt ne survivra pas. Nous sommes les défenseurs de la forêt. Si nous ne la sauvons pas, que se passera-t-il ? Si nous partons, qui va protéger la forêt ? » Sukraam Bhaiya, homme baiga menacé d’expulsion de la réserve de tigres d’Achanakmar.

 

 Les droits à l’éducation menacés

La plus grande école-usine du monde – l‘Institut Kalinga des sciences sociales – compte 30 000 étudiants adivasiLa plus grande école-usine du monde – l‘Institut Kalinga des sciences sociales – compte 30 000 étudiants adivasi

© KISS


Effacer la diversité


La scolarisation est un outil majeur dans l’attaque contre la diversité en Inde : une grande partie de l’éducation publique et privée des enfants autochtones et tribaux vise à les dépouiller de leur identité autochtone et à les amener à « rejoindre le courant dominant ». 


Notre campagne sur les écoles-usines expose et s’oppose à cette attaque contre les Adivasi, qui se fait passer pour de « l’éducation »,  et appelle à ce que l’éducation des enfants autochtones soit placée sous contrôle autochtone. 


Cliquez ici pour vous montrer solidaire des peuples autochtones en Inde et aider à mettre fin à cette attaque contre leurs droits. #IndigenousUnderAttack