L’Union Européenne trahit les peuples indigènes

Un projet controversé de développement de l'Union européenne (UE) concernant le Paraguay vient d'être approuvé bien qu'il enfreigne la politique de l'UE sur les peuples indigènes.

Selon la politique de l'UE, ‘L'objectif global [des projets développement de l'Union européenne] doit viser à… améliorer les droits fonciers des peuples indigènes…'  Or, la Commission européenne est si déterminée à faire avancer son projet favori qu'elle s'est rendue complice du gouvernement paraguayen en refusant d'accorder la terre aux peuples même que ce projet est censé aider.

Alors qu'il était destiné aux communautés indiennes sans terre de la région, le projet de 'Développement durable dans le Chaco paraguayen', dont le budget s'élevait à 18 millions d'écus, a finalement condamné la plupart d'entre elles à un avenir sans terre. Les seuls bénéficiaires de ce projet  sont les propriétaires de ranchs, principaux oppresseurs des Indiens, et les cabinets de consultants britanniques payés pour mettre en œuvre ce projet.

Le projet ne devait être approuvé tant que les questions sur les revendications des Indiens sur les titres de propriété de la région n'étaient pas résolues. Un rapport publié récemment par l'université de St Andrew a néanmoins révélé que seules 5 des 20 revendications avaient été résolues. Ce rapport proposait de reporter le projet d'un an. Si le gouvernement paraguayen n'avait pas réglé ces revendications entre temps, le projet devait être abandonné.

Le rapport montrait également que des ministres paraguayens corrompus avaient dépensé des millions d'euros dans l'achat de terres soi-disant destinées aux Indiens, terres inhabitables que ces derniers n'avaient en réalité jamais demandées. Les propriétaires de ranchs à qui appartenaient ces terres reçurent pour leurs ventes des sommes bien supérieures au prix du marché et l'ancien responsable des Affaires indiennes fut emprisonné pour corruption. Les consultants à la tête du projet affirment cependant que les revendications des Indiens ont été en grande partie résolues.

Le porte-parole de Survival, Jonathan Mazower, déclarait aujourd'hui : ‘Il est peu probable que les Indiens obtiennent leurs terres maintenant. Il est  révoltant de voir que les personnes auxquelles ce projet est censé venir en aide ne reçoivent rien alors que les consultants, les ministres corrompus et les propriétaires de ranchs s'enrichissent. L'Union européenne est complice du gouvernement paraguayen dans cette infraction au droit international et à la propre Constitution du pays.'