Vaines promesses du gouvernement

Trois mois après que les photos de l’une des dernières tribus isolées du monde aient fait la une des médias internationaux, les résultats d’une enquête menée par le gouvernement n’ont toujours pas été rendus publics.

Les clichés avaient déclenché une agitation médiatique internationale sans précédent et poussé le gouvernement à envoyer une mission d’enquête en Amazonie. Le rapport de cette mission était attendu en juin, mais à ce jour, il n’a pas encore été divulgué.

La tribu en question a été photographiée au Brésil, près de la fontière péruvienne, mais des bûcherons exploitent illégalement et détruisent les forêts du côté péruvien forçant d’autres Indiens isolés à franchir la frontière pour se réfugier au Brésil.

‘Ce qui se passe dans cette région [au Pérou] est un crime monumental  contre la nature, les Indiens, la faune, et constitue un témoignage de plus sur l’irrationalité totale avec laquelle nous, les « civilisés », traitons le monde’ a déclaré José Carlos dos Reis Merilles Júnior, un spécialiste brésilien des tribus non contactées qui était dans l’avion à bord duquel les photos ont été prises.

Le président péruvien Alan Garcia a publiquement laissé sous-entendre que les Indiens isolés avaient été « inventés » par les « écologistes » opposés à la prospection pétrolière en Amazonie, tandis qu’un porte-parole du gouvernement les a comparés au monstre du Loch Ness. Il y a en réalité une quinzaine de groupes non contactés au Pérou, tous menacés par l’exploitation forestière et la prospection pétrolière et gazière.

L’Amazonie péruvienne a récemment été secouée par la révolte de plusieurs milliers d’Indiens qui protestaient contre de nouvelles lois facilitant la prise de contrôle par des étrangers des territoires qu’ils considèrent comme les leurs.  Les manifestations ont abouti à l’abrogation par le Congrès péruvien de deux lois controversées.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « Que fait exactement le gouvernement péruvien ? On ne peut pas le laisser étouffer cette affaire et tourner le dos aux Indiens isolés. Ces Indiens sont parmi les citoyens péruviens les plus vulnérables et ils fuient leur pays – il ne serait pas excessif de les appeler « réfugiés non-contactés ».