Le jugement de la Cour Suprême pourrait compromettre les territoires indiens

Les Indiens du Brésil s’inquiètent d’une clause dans la décision que la Cour Suprême a rendu le mois dernier concernant le territoire indigène de Raposa Serra do Sol et qui pourrait compromettre leurs droits territoriaux.

Le jugement du 20 mars qui a débouté un puissant groupe de riziculteurs qui tentait d’obtenir le fractionnement du territoire de Raposa Serra do Sol a constitué une grande victoire pour les cinq groupes indigènes qui y vivent. Les riziculteurs qui ont soumis les Indiens à de violentes attaques ont été sommés de quitter la région à la fin du mois d'avril.

Cependant, certaines clauses du jugement pourraient avoir de graves conséquences sur les Indiens du Brésil.

Les juges de la Cour Suprême ont déclaré que les gouvernements des Etats brésiliens – dont certains sont notoirement anti-Indiens – devraient s'impliquer de manière plus active dans la démarcation des territoires indigènes. Ce qui pourrait ralentir le processus de démarcation et même l’entraver.

Le jugement stipule également qu'il n'est pas nécessaire de consulter les peuples indigènes sur les projets de développement prévus sur leurs terres s'ils sont déclarés "d'intérêt national".

Les juges ont également décidé que les territoires indigènes déjà démarqués (et cartographiés) ne devraient pas être étendus. Les Guarani sont particulièrement préoccupés par cette mention, puisqu'ils ne jouissent que de petites parcelles de terre officiellement reconnues avant la Constitution de 1988 qui garantit les "droits originels" des Indiens sur leurs terres.

Ana Paula Souto Maior, avocate de l'ONG brésilienne ISA (Institut socio-environnemental) a déclaré : "Certaines de ces conditions sont alarmantes et il ne reste plus qu'à attendre leur impact sur les nombreux territoires qui doivent encore être démarqués ou étendus."