Le constructeur d’un barrage à Bornéo sous les projecteurs de l’actualité

La construction du barrage de Murum, aujourd'hui achevée. Les eaux du barrages inondent les forêts et villages penan.
La construction du barrage de Murum, aujourd’hui achevée. Les eaux du barrages inondent les forêts et villages penan.
© Survival

Le chef d’entreprise responsable du projet d’un méga-barrage dans le territoire des Penan, un peuple indigène qui vit dans la partie malaisienne de l’île de Bornéo a été mis en cause par les médias de son propre pays pour violation des droits des peuples indigènes.

Le quotidien norvégien Dagbladet a rapporté avoir questionné le directeur de Sarawak Energy, Torstein Sjøtveit, sur l’impact de ce projet sur les Penan. Celui-ci a affirmé que les Penan avaient été dûment consultés et que sa compagnie se conformait aux normes des Nations unies.

Les normes internationales mises en place par les Nations Unies exigent que tout projet de développement en territoire indigène ne peut avoir lieu sans le consentement libre, préalable et informé des populations concernées. Or les Penan affectés par le barrage hydroélectrique de Murum ont certifié ne pas avoir eu d’autre choix que celui de quitter leur terre.

Dagbladet cite les paroles de Matu, un Penan : ‘Ceux qui veulent nous expulser de notre terre… ne nous laisseront plus pêcher, chasser, ou collecter des baies et des plantes’.

Sjøtveit a déclaré à Dagbladet que 1 350 personnes seraient affectées par le barrage de Murum. ‘Nous sommes confrontés à un dilemme qui se pose entre le besoin de développer des ressources qui concernent la majorité et les aspirations des peuples indigènes qui veulent rester sur leurs terres’.

En septembre, six Penan et neuf membres d’autres tribus ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de remettre une déclaration concernant leur opposition au barrage au siège du Premier ministre du Sarawak.

Dans un récent rapport sur le projet du barrage de Murum, la Commission des droits de l’homme malaisienne dénonçait : ‘Au lieu de demander aux communautés indigènes si elles voulaient ou non être déplacées, les ‘consultations’ menées par les autorités ont seulement consisté à informer les communautés de la décision gouvernementale et des impacts que le projet auraient sur elles’.

Le barrage de Murum est le premier d’une série de nouveaux méga-projets hydroélectriques planifiés par le gouvernement de l’Etat du Sarawak qui provoqueront le déplacement de milliers d’autochtones. De nombreux observateurs malaisiens remettent en cause la construction de ces barrages arguant qu’ils dépassent largement les besoins énergétiques du Sarawak.

Les Penan qui ont été relocalisés pour faire place au barrage de Bakun déjà en activité sont maintenant dans l’incapacité de chasser ou de pratiquer la cueillette, et les petites parcelles qui leur ont été attribuées ne leur fournissent pas suffisamment de nourriture.