Journée mondiale de la santé : les tribus isolées en voie de disparition

Les Nukak ont été décimés par les maladies après leur premier contact.
Les Nukak ont été décimés par les maladies après leur premier contact.
© Gustavo Pollitis/Survival

A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, le 7 avril, Survival International manifeste sa préoccupation pour les derniers peuples indigènes encore isolés de la planète qui risquent de disparaître si leurs territoires ne sont pas protégés.

Des tribus isolées telles que les Indiens d’Amazonie qui apparaissent dans une vidéo récemment diffusée par Survival risquent de perdre la moitié de leur population si leur terre est envahie.

Une centaine de tribus du monde entier vivent dans l’isolement . La plupart d’entre elles sont menacées par l’exploitation forestière et pétrolière, les barrages hydroélectriques et autres projets de développement.

Les tribus isolées ont très peu d’immunité contre des maladies bénignes telles que la grippe ou la rougeole et les épidémies dues au contact peuvent leur être fatales.

Boa Sr était la dernière représentante de la tribu bo, dans les îles Andaman.

Boa Sr était la dernière représentante de la tribu bo, dans les îles Andaman.
© Alok Das/Survival

Au Brésil, le territoire des Panará a été envahi et rasé au bulldozer par les constructeurs de routes au début des années 1970. Des vagues d’épidémies se sont ensuivies et dans les années 1980, 80% d’entre eux avaient disparu.

La population des Grands Andamanais s’élevait à environ 5 000 personnes lorsque les Britanniques colonisèrent les Iles Andaman en 1858 – ils ne sont plus que 52 aujourd’hui.

Les Nukak, des Indiens nomades de Colombie, étaient environ 1 300 lors de leur premier contact en 1988. Seuls 420 survivent aujourd’hui.

Quelques Murunahua, dont cet homme, ont été contactés il y a quelques années.

Quelques Murunahua, dont cet homme, ont été contactés il y a quelques années.
© Chris Fagan/Upper Amazon Conservancy

En Amazonie péruvienne, plus de 50% des Murunahua sont morts après leur contact forcé avec des bûcherons illégaux au milieu des années 1990.

Jorge, un survivant murunahua, a déclaré à Survival : ‘La maladie est arrivée lorsque les bûcherons sont entrés en contact avec nous. Avant nous ne savions pas ce qu’était un rhume, la maladie nous a tués. La moitié de notre groupe a succombé. Ma tante et mon neveu sont morts. La moitié de mon peuple a disparu’.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘A moins de prendre des précautions exceptionnelles, tout contact avec ces peuples risque d’aboutir à la disparition de plus de la moitié de leur population. Cette triste réalité a été démontrée à maintes reprises. Il est difficile de croire que les gouvernements et les compagnies puissent rester encore dans l’ignorance. S’ils s’obstinent à exploiter les territoires habités par des peuples isolés, ils mériteraient – comme ceux qui achètent leurs produits – d’être jugés coupables des conséquences’.

Notes aux rédactions :

• Environ 50% des Nahua du Pérou sont morts en quelques années, la plupart de rhume, grippe et autres infections respiratoires suite à l’exploration pétrolière entreprise par Shell sur leur territoire dans les années 1980.
• Les Matis du Brésil ont été contactés en 1978 – la moitié a succombé peu après. Cinq ans plus tard, ils n’étaient plus que 87 survivants.
• Les Aché, au nord du Paraguay, étaient 550 lorsqu’ils ont été contactés pour la première fois en 1970. En 1975, 200 d’entre eux étaient morts.
• Les Tupari du Brésil étaient environ 3 000 lors de leur premier contact en 1927. Sept ans plus tard, il restait 250 survivants.
• Les Mebengokre du Brésil ont été contactés en 1936. Six mois plus tard leur population était passée de 350 à 85.
• Les Surui du Brésil ont été contactés au début des années 1970. En 1971, ils étaient 363 et trois ans plus tard, 193 d’entre eux avaient succombé.