Le Pérou suspend un barrage dévastateur

Les Indiens asháninka protestent contre un autre barrage, Pakitzapango, prévu dans le cadre du Pacte énergétique conclu entre le Pérou et le Brésil.
Les Indiens asháninka protestent contre un autre barrage, Pakitzapango, prévu dans le cadre du Pacte énergétique conclu entre le Pérou et le Brésil.
© David Dudenhoefer

Un méga-barrage a été suspendu dans le sud-est du Pérou après un mois de grève qui a mobilisé environ 2 000 habitants riverains.

Le barrage Inambari devait être le plus grand des six projets hydroélectriques prévus dans le cadre d’un accord énergétique conclu l’an dernier entre le Pérou et le Brésil.

Le ministère péruvien de l’Energie a annoncé lundi qu’il avait annulé le contrat provisoire d’Egasur, la compagnie brésilienne chargée de la construction du barrage.

Inambari aurait affecté la vie d’environ 15 000 habitants riverains, y compris les Indiens carabaya dont la forêt aurait été totalement inondée.

Le nouveau président du Pérou, Ollanta Humala, a promis de respecter le principe du droit des peuples indigènes au consentement libre, préalable et éclairé sur tout projet les concernant ou affectant leur terre.

Les populations locales ont salué la décision du gouvernement, mais craignent que cette région extrêmement riche en ressources naturelles n’éveille de nouvelles convoitises.

Olga Cutipa, Indienne carabaya vice-présidente de la Coalition de défense des Carabaya a déclaré : ‘Nous sommes nés et avons grandi ici. Avant, il n’y avait pas de routes ici. Nos parents nous transportaient sur des mules et nous nous nourrissions d’aliments naturels. Nous n’avons pas de maladies – nous sommes en bonne santé, et ils veulent nous faire partir? S’ils le faisaient, ils commettraient une injustice ; nous ne voulons pas d’Egasur! Qu’ils restent à l’écart’.