Le progrès peut tuer - mise en garde au nouveau gouvernement péruvien

Le progrès peut tuer décrit les répercussions dévastatrices du développement forcé sur les peuples indigènes.
Le progrès peut tuer décrit les répercussions dévastatrices du développement forcé sur les peuples indigènes.

© Survival

Le nouveau gouvernement péruvien qui prend ses fonctions aujourd’hui a reçu une mise en garde contre les dangers imminents auxquels sont exposés les Indiens face à l’exploitation à outrance de leurs ressources naturelles.

Survival a adressé au président Ollanta Humala et aux membres concernés de son cabinet les rapports ‘Le progrès peut tuer’ et ‘Laissez-nous faire !’.

Un Murunahua, contacté par les bûcherons en 1995. La moitié de son groupe a péri suite au premier contact.

Un Murunahua, contacté par les bûcherons en 1995. La moitié de son groupe a péri suite au premier contact.
© Chris Fagan/Upper Amazon Conservancy

‘Le progrès peut tuer’ décrit les répercussions dévastatrices du développement forcé sur les peuples indigènes; ‘Laissez-nous faire !’ est un pamphlet relatant la dévastation du territoire d’une tribu aux mains de promoteurs étrangers du développement.

Ces dernières années, au Pérou, les territoires indiens ont été soumis à la pression croissante de l’exploitation pétrolière et gazière, la construction de routes, l’exploitation minière et forestière et autres projets.

La plupart de ces prétendus projets de développement sont mis en place sans que les Indiens aient été consultés et le plus souvent contre leur volonté.

L’Ombudsman péruvien affirme que plus de la moitié des conflits qui éclatent dans le pays sont dus au malaise socio-environnemental.

En 2009, 33 personnes ont été tuées lors d’un conflit qui a opposé des manifestants indiens à la police dans la ville amazonienne de Bagua, le gouvernement ayant négligé de consulter les Indiens sur une nouvelle législation qui affectait leurs droits territoriaux.

Le développement imposé se révèle presque toujours désastreux. Dans le monde entier, les peuples indigènes qui ont été spoliés de leurs territoires présentent des taux disproportionnés de malnutrition, de maladies, de dépression et d’addiction aux drogues et à l’alcool.

Mais ceux qui au Pérou courent les plus graves dangers sont les quinze groupes d’Indiens isolés qui vivent en Amazonie. En dehors de leur vulnérabilité face à tout contact avec le monde extérieur, la perte de leurs terres signifie la perte de leur habitat, de leurs moyens de subsistance et à terme, de leur vie.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : Il est à espérer que la nouvelle administration péruvienne tiendra ses promesses et agira dans l’intérêt de ses citoyens indiens dont le sort est entre ses mains. Les Indiens isolés ne survivront pas si le gouvernement s’incline face à la pression des multinationales pour ouvrir les territoires indigènes à l’exploitation’.