Au Venezuela, des Indiens yanomami sont massacrés par des orpailleurs

Des survivants du massacre de Haximu, en 1993, portent les urnes contenant les cendres de leurs parents. Les orpailleurs avaient tué 16 Yanomami lors de lattaque.

Des survivants du massacre de Haximu, en 1993, portent les urnes contenant les cendres de leurs parents. Les orpailleurs avaient tué 16 Yanomami lors de lattaque.
© C Zacquini/ Survival

Dernières nouvelles : 10 septembre 2012

Selon des témoignages émanant de sources confidentielles, Survival estime aujourd’hui qu’il n’y a pas eu d’attaque d’orpailleurs contre la communauté yanomami d’Irotatheri au Venezuela. En juillet, des Yanomami de la région – où opèrent actuellement de nombreux orpailleurs clandestins – ont entendu parler d’un massacre qui a été rapporté par certains témoins comme ayant été perpétré dans cette communauté. Nous ne savons pas, à ce jour, si cette histoire a été ou non déclenchée par un violent incident, ce qui pourrait être l’explication la plus probable, mais les tensions demeurent vives dans la région.

La réaction du gouvernement vénézuélien reste néanmoins consternante. Il n’a pas annoncé qu’il expulserait les orpailleurs et a immédiatement démenti avoir trouvé des preuves du massacre avant même d’avoir mené à bout sa propre enquête. Ses soutiens sont encore allés plus loin en accusant ses détracteurs d’appartenir à une conspiration de la droite, etc.

Les autorités vénézuéliennes devraient continuer à enquêter sur cet incident et, plus important, évincer les envahisseurs du territoire yanomami et de tous les autres territoires indigènes du pays.


Selon des rapports qui nous sont parvenus du Venezuela, des orpailleurs ont commis un massacre d’Indiens yanomami isolés.

Des témoins qui se rendaient dans la communauté de Irotatheri, dans la région de Momoi, près de la frontière brésilienne ont découvert des ‘corps calcinés et des ossements’.

Les rapports initiaux sur les circonstances de ce massacre estiment que 80 personnes auraient été tuées, mais ce chiffre est pour le moment impossible à confirmer. Seuls trois survivants ont été retrouvés.

L’attaque se serait produite en juillet dernier, mais la nouvelle vient de nous parvenir.

En raison de l’éloignement de la communauté, il a fallu plusieurs jours de marche aux Indiens qui ont découvert les corps pour atteindre le village le plus proche et rendre compte de la tragédie.

Luis Shatiwe Yanomami, leader de l’organisation yanomami Horonami, qui était à Parima, a questionné les Indiens sur ce qu’ils avaient vu. Il a appris que les survivants du massacre étaient en train de chasser au moment où la maison collective de la communauté était incendiée.

Il a déclaré à Survival : ‘Nous dénonçons depuis trois ans cette invasion d’orpailleurs qui opèrent illégalement dans la forêt’.

Des centaines dorpailleurs opèrent illégalement en territoire yanomami au Brésil et au Venezuela.

Des centaines dorpailleurs opèrent illégalement en territoire yanomami au Brésil et au Venezuela.

© Colin Jones/Survival

Joint par téléphone hier, Eliseo, un Yanomami de la région qui a rencontré les Indiens ayant découvert le massacre, a déclaré : ‘Ils ont témoigné avoir vu des corps calcinés et des ossements, ainsi que les cendres du ‘shabono’ (maison collective)’.

Les massacres perpétrés contre les Indiens yanomami ne sont pas inhabituels. En 1993, 16 Indiens avaient été tués lors de l’attaque, par des orpailleurs, de la communauté yanomami de Haximu. Plusieurs orpailleurs furent reconnus coupables de génocide. Jusqu’à présent, aucune enquête sur cette dernière attaque n’a été ouverte.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Il s’agit d’une véritable tragédie pour les Yanomami qui subissent crime après crime. Tous les gouvernements amazoniens doivent immédiatement faire cesser l’exploitation minière et forestière illégale dans les territoires indigènes. Ces activités mènent inévitablement à des drames humains où les victimes sont des hommes, des femmes et des enfants indiens. Les autorités vénézueliennes doivent, avec la plus grande diligence, poursuivre en justice les auteurs de ce massacre et faire savoir dans toute la région que les Indiens ne peuvent plus être tués en toute impunité. L’exploitation minière et forestière doit cesser’.

Note aux rédactions :

Fiona Watson, directrice de recherche à Survival, travaille depuis plus de 25 ans avec les Indiens d’Amazonie, dont les Yanomami. Elle est disponible pour interview.

Lire la déclaration des organisations indigènes d’Amazonie au sujet du massacre des Yanomami (en anglais ou en espagnol).

Lire l’appel des Indiens yanomami qui exigent l’ouverture d’une enquête par les autorités vénézueliennes (en espagnol).