Un Penan arrêté par la police

Lannée dernière, les Penan avaient manifesté pendant 36 jours

Lannée dernière, les Penan avaient manifesté pendant 36 jours
© SCANE/Survival

Les tensions montent sur le site du barrage de Murum, dans l’Etat malaisien du Sarawak. La semaine dernière, la police a arrêté un homme et démantelé les abris des Penan ; plus d’une centaine d’entre eux bloquent actuellement le site du barrage. Les Penan, dont les forêts seront inondées, demandent davantage de compensations et une zone protégée plus vaste afin de pouvoir continuer à chasser et pratiquer la cueillette dans les villages de relocalisation.

Ngang Buling, arrêté la semaine dernière, est le président de la Commission des affaires penan Peleiran-Murum (PEMUPA), créée par les Penan pour défendre leurs droits face au projet de barrages. Agé de 46 ans, Ngang Buling a été détenu pendant près de 24 heures et la police a annoncé que d’autres arrestations étaient probables.

Des rapports provenant de la région ont affirmé que la police avait tiré en l’air, menaçant et effrayant les manifestants. Un grand nombre de Penan auraient demandé à être arrêtés aussi, en solidarité avec Ngang Buling. La police aurait déclaré aux manifestants que les forcées armées générales (PGA) et un renfort de police seront envoyés sur le site du barrage.

Environ 1 400 Penan ont été sommés de faire place au barrage de Murum, le premier d’une série de 12 nouveaux barrages prévus à travers le Sarawak. Les Penan du village de Long Wat ont déjà déménagé dans un campement mais les autres villages attendent davantage de terres et d’indemnisation.

En octobre dernier, les Penan avaient bloqué le barrage pendant 36 jours avant de se disperser lorsque le gouvernement a annoncé qu’il prendrait en considération leurs demandes s’ils arrêtaient de manifester. Mais les autorités n’ont pas tenu leurs engagements et les demandes des Penan n’ont toujours pas abouti.

En septembre, dans un geste qui a choqué les observateurs, la mise en eau du barrage a commencé sans en avertir les Penan dont les maisons et les forêts ancestrales seront submergées. On estime qu’il faudra un an pour remplir le réservoir.

Depuis la manifestation, Lugang Usang, secrétaire de la PEMUPA a déclaré : ‘Il est faux de penser que nous, les Penan, ne voulons pas changer ou nous développer. Mais ne nous imposez pas le développement (comme par exemple le projet de barrages). Notre terre coutumière, nos cimetières ancestraux, nos rivières et nos forêts nous ont été volés et maintenant le gouvernement dément et nous intimide. Ce sont des actes criminels de sa part qui rendent notre vie misérable’.

Survival International appelle le gouvernement malaisien à stopper la mise en eau du barrage tant que les demandes des Penan ne seront pas respectées et qu’ils n’auront pas donné leur consentement libre, préalable et informé au processus de relocalisation.