INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

#DearHumanity

Chère Humanité, des dirigeants du monde entier soutiennent un plan visant à transformer 30 % de la Terre en Aires protégées d'ici 2030. Ils disent que cela atténuera le changement climatique, réduira la perte d'espèces sauvages, améliorera la biodiversité et sauvera ainsi notre environnement, mais ils se trompent. Ce plan ne fera qu'empirer les choses : il détruira la nature et entraînera le plus grand accaparement de terres de l'histoire. Vous ne comprenez pas ? Nous vous expliquons tout, en 28 étapes simples :

 

 

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1. En quoi consiste le plan des 30x30 ?

 

Des dirigeants mondiaux et de grandes ONG de protection de la nature prévoient de transformer 30 % de la planète en Aires protégées d'ici à 2030. Lors du prochain sommet des Nations unies sur la biodiversité, ce plan pourrait se concrétiser.

Ils affirment que cela aidera à résoudre les problèmes de perte de biodiversité et de changement climatique. Ce ne sera pas le cas. 

Ce plan n'a aucune base scientifique.

Il ignore complètement les droits des peuples autochtones et des autres communautés locales.

Il s'agira du plus grand accaparement de terres de l'histoire, qui détruira la vie et les moyens de subsistance des personnes les moins responsables de la destruction de l'environnement. 

 

2. Qui fait pression pour le plan 30x30 et pourquoi ?

 

Des organisations de protection de la nature, des gouvernements et les entreprises soutiennent tous le plan des 30x30 :

- Les grandes organisations de protection de la nature devraient recevoir des milliards de dollars grâce aux projets associés au plan.
- Des entreprises polluantes pourront continuer à faire des affaires comme d'habitude.
- Les gouvernements peuvent prétendre qu'ils prennent des mesures pour protéger l'environnement sans prendre les décisions impopulaires que cela nécessitera vraiment.

Il s'agit d'un projet lucratif, pas d'une solution environnementale.

 

3. D'où proviendra l'argent nécessaire à la mise en œuvre du plan 30x30 ?

 

Le plan 30x30 sera financé de deux manières :

- Par nous : les gouvernements donateurs utiliseront l'argent de nos impôts pour financer de nouvelles Aires protégées.
- En vendant des crédits carbone issus des Aires protégées, ce qui permettra aux entreprises de continuer à polluer.

Cela signifie que les ONG de conservation feront des milliards de bénéfices, tandis que les entreprises pourront continuer à détruire l'environnement.

 

4. Quel est le rôle des grandes ONG de conservation dans le plan des 30x30 ?

 

Les ONG de protection de la nature comme le WWF et The Nature Conservancy sont parmi les principaux promoteurs du plan des 30x30. Elles font pression sur les gouvernements pour qu'ils le mettent en œuvre et s'associent aux plus grandes entreprises polluantes pour leur permettre de faire du greenwashing. 

Pourquoi ? Parce que les ONG de protection de la nature vont recevoir des milliards de dollars pour superviser les nouveaux projets liés au plan.

Elles font pression pour la mise en place du plan alors qu'il est évident que celui-ci ne sauvera pas l'environnement et qu'il détruira les terres et les vies des populations autochtones et locales.

 

5. Comment les ONG de protection de la nature ont-elles réagi lorsque vous leur avez présenté des preuves de violations des droits humains ?

 

Le silence : Lorsque nous leur avons écrit pour souligner les violations des droits humains, elles n'ont pas répondu.

Déni et insultes : Lorsque nous avons rendu publics ces abus, nous avons été accusés de diffuser de fausses informations, d'être "anti-nature" ou de faire cela pour la publicité.

Des excuses : Lorsque les preuves sont devenues impossibles à nier, les conservationnistes ont déclaré qu'il ne s'agissait que de "quelques brebis galeuses". Certains ont même essayé de cacher les preuves des abus.

Le greenwashing : Aujourd'hui, nombre d'entre eux affirment publiquement travailler avec les peuples autochtones, mais les réformes se sont avérées purement superficielles, et rien n'a changé sur le terrain pour les peuples autochtones.

La réponse que nous n'avons pas obtenue : Le choc et la surprise face à ce que nous avons documenté ; des excuses pour les crimes qu'ils financent ; un effort réel et efficace pour mettre fin aux abus.

 

6. Que puis-je faire au sujet du plan des 30x30 ? 

 

Sensibilisez les gens : parlez du plan à vos amis et à votre famille. Tout le monde devrait connaître la vérité à ce sujet et nous devons cesser de nous laisser séduire par de fausses solutions ! Utilisez les hashtags #DearHumanity et #DecolonizeConservation pour faire passer le message.

Utilisez notre kit de l'activiste et agissez en ligne.

Ne soutenez pas le plan des 30x30. Informez-vous avant de voyager à l'étranger et ne vous rendez pas dans des endroits où les peuples autochtones ont été expulsés ou maltraités au nom de la "conservation" de la nature.

Ne soutenez pas les organisations qui militent pour le plan des 30x30. Dénoncez-les ! Cela inclut Conservation International, WWF, The Nature Conservancy, Wildlife Conservation Society et plus encore...

Rejoignez notre mouvement pour #DecolonizeConservation et restez à l'écoute pour d'autres actions à venir le 2 mars !

 

7. Pourquoi devrais-je me soucier du plan des 30% ?

 

Parce qu'il sera désastreux pour la biodiversité et l'humanité.

Il ne résoudra pas les problèmes environnementaux les plus graves. Au contraire, il ne fera que les aggraver. Et il détourne l'attention des véritables causes de la perte de biodiversité et du changement climatique : l'exploitation des ressources naturelles à des fins lucratives et la surconsommation croissante poussées par les pays du Nord. 

Il permettra aux plus grands pollueurs de continuer à détruire la planète, tout en volant les terres et en détruisant la vie des peuples autochtones, qui sont les meilleurs gardiens du monde naturel et les moins responsables de la crise écologique.

 

8. Le changement climatique et la perte de biodiversité se sont tellement aggravés que nous devons agir maintenant. Alors, sauver 30% c'est mieux que rien, non ?

 

Une fausse solution est pire que l'absence de solution : elle détourne une énergie et des ressources précieuses vers quelque chose qui crée l'illusion que nous agissons alors que ce n'est pas le cas, plutôt que de trouver de véritables solutions. 

C'est parce que le temps presse que nous devons de toute urgence nous attaquer aux véritables causes de la destruction de la biodiversité : la surconsommation et l'exploitation des ressources naturelles à des fins lucratives. Le plan des 30 % ne remet pas du tout en cause cet état de fait. 

 

9. Si le problème des Aires protégées sont les abus commis par les écogardes, ne pourrait-on pas le résoudre par la formation ?

 

Le problème va bien au-delà de "brebis galeuses", la violence des écogardes est très répandue. Lorsqu'une Aire protégée est créée, les écogardes sont déployés pour limiter ou interdire l'accès des populations locales à leurs propres terres. Ils gouvernent par la peur.

Et les écogardes ne devraient pas être là en premier lieu ! Ils sont les exécutants militarisés d'un accaparement de terres.

Les écogardes sont souvent récompensés pour leurs "performances" en fonction du nombre d'arrestations qu'ils effectuent. Il n'est donc pas surprenant que tant de personnes vulnérables et innocentes aient été arrêtées à tort ou maltraitées. 

 

10. Tous les peuples autochtones protègent-ils réellement la biodiversité ? Qu'en est-il de ceux qui chassent ?

 

Ce n'est pas une coïncidence si 80 % de la biodiversité sur Terre se trouve sur les terres autochtones : c'est parce qu'ils gèrent et protègent leurs environnements depuis des millénaires.

Ils entretiennent une relation intime avec leur terre et en ont une connaissance approfondie. Leur terre est tout. Ils ont souvent des règles non écrites et des tabous stricts pour les aider à la gérer, ainsi que ses ressources, de manière durable. 

Il en va de même pour les pratiques de chasse. Par exemple, les Baka apprennent dès leur plus jeune âge à ne pas chasser les jeunes animaux ou les femelles. Comme les peuples autochtones chassent pour se nourrir, ils savent que leur propre survie dépend de la santé des populations d'animaux sauvages.

 

11. Les peuples autochtones ne surexploitent-elles pas parfois leurs ressources parce qu'elles ne mènent plus un mode de vie "traditionnel" ? 

 

Même si cela peut, en théorie, se produire (parce que le vol de leurs terres signifie qu'ils ne peuvent plus vivre de manière autosuffisante), la violation de leurs droits humains n'est jamais justifiée.

Les peuples autochtones ont des droits parce qu'ils sont humains et parce qu'ils sont autochtones. Aucun de ces droits ne dépend de leur capacité à protéger leur environnement (imaginez si nos droits humains n'étaient respectés que si nous étions bons, disons, en matière de recyclage !) 

Bien sûr, les peuples autochtones, comme nous tous, s'adaptent à un monde en mutation. Mais leur mode de vie est beaucoup plus durable que le nôtre : les peuples autochtones vivent et protègent actuellement 80 % des zones les plus riches en biodiversité de la planète. 

 

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12. Si nous donnons aux peuples autochtones leurs terres, comment pouvons-nous être sûrs qu'ils ne les vendront pas à des industries destructrices ? 

 

Il ne s'agit pas de "donner" aux peuples autochtones leurs terres, mais de reconnaître leurs droits sur celles-ci. Ces droits sont inscrits dans le droit international et ne sont pas assortis de conditions. 

Les peuples autochtones ont le droit de faire ce qu'ils veulent sur leurs propres terres ! Cependant, des études successives ont montré qu'ils sont les meilleurs gardiens du monde naturel. Ce n'est pas un hasard si 80 % de la biodiversité mondiale se trouve sur leurs territoires. 

En outre, ils ont un lien profond avec leur terre et sont beaucoup moins enclins à autoriser des industries telles que l'exploitation forestière et minière que lorsque la terre est contrôlée par les gouvernements et les conservationnistes. 

 

13. Pourquoi Survival veut-il arrêter le plan des 30x30 ? Ne pouvons-nous pas simplement le "corriger" et inclure les peuples autochtones dans le plan ?

 

Le plan des 30x30 ne peut pas être corrigé car il est basé sur des idées fondamentalement erronées :

1. Que les Aires protégées fonctionnent. Ce n'est pas le cas. 

Le nombre d'Aires protégées n'a cessé de croître au cours des dernières décennies, alors que la biodiversité n'a cessé de diminuer.

Elles donnent lieu à un tourisme de masse et à des violations des droits humains à l'encontre des meilleurs gardiens du monde naturel, les peuples autochtones, dont il est prouvé qu'ils protègent leurs terres mieux que quiconque.  

2. Que la nature est mieux protégée en la vidant de ses habitants. Ce n'est pas le cas. 

L'idée même de "nature sauvage" est un mythe colonial. Presque tous les paysages ont été gérés et façonnés par l'humain au cours des millénaires. L'humain et la nature ne font qu'un, ils ne sont pas séparés.

3. Que l'on peut faire confiance aux promesses des organisations de conservation. Ce n'est pas le cas. 

L'industrie de la conservation promet depuis des décennies qu'elle respectera les droits des peuples autochtones, mais les choses n'ont guère changé. Le WWF a même élaboré des lignes directrices à ce sujet en 1996, mais a admis par la suite qu'elles n'étaient que des "aspirations". 

Pendant ce temps, les expulsions, la torture, les viols et les meurtres au nom de la conservation se poursuivent. 

On ne peut pas "corriger" un plan qui repose sur un raisonnement aussi erroné : Il faut le rejeter et recommencer. 

Commençons par reconnaître les droits territoriaux des peuples autochtones et admettons qu'ils sont les meilleurs gardiens du monde naturel. Les Aires protégées sont presque toujours créées au détriment de leurs droits territoriaux.

 

14. Survival est-il contre toutes les Aires protégées ?

 

Toutes les Aires protégées ne sont pas les mêmes : il existe deux modèles très différents. En Europe, par exemple, aucun parc national ne peut être créé sans tenir compte des besoins des populations locales, et il n'y a pratiquement aucune restriction pour y pénétrer ou y vivre. 

Le second type, auquel nous nous opposons, est caractéristique de la "conservation-forteresse", et c'est la norme en Afrique et en Asie. C'est ainsi que les parcs nationaux ont été créés aux États-Unis. Les populations locales et les peuples autochtones sont maltraités, persécutés et chassés par la force, la coercition ou la corruption. 

Les meilleurs gardiens de la nature, autrefois autosuffisants et dont l'empreinte carbone est la plus faible, sont privés de leurs terres et réduits à la pauvreté. C'est une injustice flagrante. Pour ne rien arranger, une fois que les propriétaires légitimes ont été chassés, les touristes et même les industries extractives sont souvent les bienvenus. 

Pourquoi cette différence entre ces deux modèles ? Parce qu'en Europe, les autorités savent qu'elles ne peuvent pas simplement expulser les gens. Mais en Afrique et en Asie, les ONG de protection de la nature peuvent s'en tirer à bon compte, et c'est ce qu'elles font.

 

15. N'est-il pas préférable d'avoir une Aire protégée que rien du tout ? Sans les Aires protégées, il n'y aurait plus de forêt.

 

La création d'Aires protégées nous donne l'illusion de faire quelque chose pour protéger l'environnement. Mais en réalité, nous ne nous attaquons pas aux véritables causes de la destruction de l'environnement, et la création d'Aires protégées détruit les personnes qui y vivent en leur prenant leurs terres et en leur refusant l'accès à celles-ci.

Oui, des gens y vivent ! La "nature sauvage" n'existe pas. Ce sont les communautés locales et les peuples autochtones qui sont les mieux placés pour protéger ces zones. L'idée même des Aires protégées est erronée, car elle considère souvent la terre uniquement comme une "nature", plutôt que comme un paysage vécu et géré dans lequel les personnes jouent un rôle fondamental. 

Sans les peuples autochtones, il resterait peu de forêts. La science nous montre que les taux de déforestation sont beaucoup plus faibles sur les terres des peuples autochtones. Leurs territoires contiennent 80 % de la biodiversité et d'énormes stocks de carbone. Les données sont claires : la reconnaissance des terres autochtones permet d'atteindre les objectifs de conservation mieux que les Aires protégées, pour une fraction du coût. 

 

16. Les territoires autochtones ne sont-ils pas fondamentalement la même chose que les Aires protégées ? Pourquoi les Aires protégées ne peuvent-elles pas simplement inclure les terres autochtones ?

 

Il y a une énorme différence : dans les territoires autochtones, les droits territoriaux des peuples autochtones sont reconnus : ce sont légalement leurs terres. 

À l'inverse, les Aires protégées sont presque toujours gérées par des agences gouvernementales et des ONG, et excluent ou limitent souvent les activités humaines, y compris tout ce que les peuples autochtones font pour nourrir leurs familles, comme la chasse, la culture, la cueillette et la pêche. 

Les activités rituelles vitales comme les enterrements et les cultes religieux sont également exclues ou restreintes. Des écogardes, soutenus par des ONG de protection de l'environnement, patrouillent dans la région et interdisent l'accès à la terre ; dans de nombreux cas, ils commettent des atrocités à l'encontre de la population locale. 

 

17. Davantage d'Aires protégées ne sont-elles pas bonnes pour les peuples autochtones ? Qu'est-ce qu'elles ont de si mauvais ?

 

La plupart des Aires protégées ont été créées sur les terres des peuples autochtones et communautés locales sans leur consentement.

Les personnes sont alors expulsées et perdent leurs moyens de subsistance, ce qui entraîne la faim, la maladie et l'effondrement social.

Ces zones sont ensuite militarisées. En Afrique et en Asie, les peuples autochtones et les communautés locales sont maltraitées, torturées et tuées par les gardes des Aires protégées. 

Ces gardes sont souvent soutenus par des organisations comme le WWF et le WCS, et financés par l'argent des contribuables européens et américains. 

Le plan des 30x30 doublera la superficie des terres couvertes par des Aires protégées et le nombre de ces crimes sera donc susceptible de doubler.

 

18. Survival ne devrait-il pas lutter contre les compagnies forestières et minières plutôt que contre les ONG de protection de la nature ?

 

La mission de Survival est de s'opposer à ceux qui abusent des droits des peuples autochtones et volent leurs terres, quels qu'ils soient. Cela inclut les sociétés d'exploitation forestière et minière, mais aussi les ONG de protection de la nature. 

Des organisations telles que le WWF et la WCS gèrent et soutiennent depuis des décennies des Aires protégées dont les peuples autochtones ont été chassés de leurs terres, violés, torturés et tués. 

Elles sont au courant de ces abus — souvent commis par des gardes qu'elles financent directement — depuis de nombreuses années, mais n'ont pas fait grand-chose pour les faire cesser. (Survival en parle au WWF, dans des lettres et des réunions, depuis 1991).

Elles reçoivent également de l'argent des sociétés d'exploitation forestière, pétrolière et minière, qui sont responsables de la destruction de ce qui reste des terres des peuples autochtones en dehors des Aires protégées.

Certaines sociétés d'exploitation forestière ont leurs propres écogardes qui maltraitent également les communautés locales. 

Dans le bassin du Congo, les grandes ONG de conservation ne s'élèvent jamais contre ces entreprises. Au lieu de cela, elles leur reçoivent des entreprises de l'argent ou les aident à faire du greenwashing par le biais de programmes tels que le Forest Stewardship Council. 

Cela donne de la crédibilité à ces entreprises et les protège des critiques, tout en ne faisant rien ou presque pour améliorer leurs performances environnementales. 

Dans leur quête du profit, les organisations de protection de la nature telles que le WWF font désormais partie du problème, et non de la solution. 

Sur le terrain, la conservation de la nature est militarisée, brutale et s'approprie de vastes zones de terres autochtones. 

Dans de nombreuses régions du monde, c'est aujourd'hui le plus grand problème auquel sont confrontés les peuples autochtones.

 

19. Le braconnage est un problème grave. Les Aires protégées ne sont-elles pas nécessaires pour empêcher l'extinction de certaines espèces ?

 

Il est extrêmement rare que les peuples autochtones pratiquent une chasse excessive ou provoquent l'extinction d'espèces. Leurs modes de vie ont été criminalisés par les conservationnistes. 

Les responsables des Aires protégées qualifient les chasseurs et les cueilleurs autochtones de "braconniers" alors qu'ils ne font que chasser pour se nourrir.

La chasse de subsistance n'est pas le problème. Le braconnage organisé l'est. 

Mais les Aires protégées ne font pas grand-chose pour l'empêcher. Au contraire, avec l'érosion de leurs moyens de survie, il n'est pas surprenant que des populations locales désespérées soient parfois recrutées par des braconniers "organisés". 

Souvent, les écogardes qui sont censés protéger la faune sont eux-mêmes impliqués dans le braconnage. Ainsi, un rapport de l'ONU a confirmé que c'est la corruption, et non les peuples autochtones, qui est au cœur de la criminalité liée aux espèces sauvages.

Les efforts et l'argent consacrés à la lutte contre le braconnage pourraient être mieux utilisés dans des projets visant à changer l'attitude des acheteurs, à réduire la demande et à lutter contre les inégalités, plutôt que dans la militarisation.

Entre 2010 et 2016, 65 % des 1,3 milliard de dollars dépensés par les donateurs internationaux pour mettre fin au commerce illégal d'espèces sauvages ont été consacrés à augmenter le nombre d'Aires protégées et à des activités de contrôle.

En comparaison, seulement 15 % ont été consacrés au soutien des moyens de subsistance des communautés vivant à proximité de zones où le taux de braconnage est élevé. 

 

20. Pourquoi les Aires protégées augmentent-elles la souffrance humaine ?
 

 

Dans de nombreuses régions du monde, les Aires protégées sont militarisées et violentes. Elles sont créées sans le consentement des peuples autochtones et communautés locales qui y vivent depuis des générations. 

Il s'agit d'une appropriation massive de terres au nom de la conservation de la nature. 

Les habitants de ces territoires en sont souvent illégalement expulsés. Puis les écogardes limitent ou leur interdisent l'accès à leurs propres terres, les privant ainsi de leurs moyens de subsistance et de leur identité. Les tombes et les sites sacrés sont également interdits d'accès. 

Mais ce n'est pas tout. 

Les écogardes commettent des atrocités à l'encontre de la population locale lorsqu'elle tente d'accéder à ses terres pour nourrir sa famille ou lorsqu'elle ne veut pas abandonner sa maison dans la forêt : abus, viols, tortures et même meurtres sont monnaie courante. 

Le plan des 30x30 doublera la superficie des terres couvertes par des Aires protégées et donc le nombre de ses crimes est susceptible de doubler. 

Il risque de nuire à 300 millions de personnes, celles-là même qui sont les moins responsables de la crise climatique et de la perte de biodiversité. 

 

21. Vous dites que les Aires protégées n'ont aucun effet sur le changement climatique, pourquoi ?

 

Contrairement à ce que disent certains conservationnistes, la capacité des écosystèmes "naturels" à contribuer à l'absorption des gaz à effet de serre dans les années à venir est en fait très faible par rapport aux dégâts causés par les émissions dues à la combustion d'énergies fossiles. 

Le changement climatique ne connaît pas de frontières. Il ne se soucie pas de savoir s'il existe une Aire protégée : il y causera des ravages comme partout ailleurs. 

Par exemple, de nombreuses forêts et d'autres écosystèmes sont déjà plus sujets aux incendies de forêt. 

La priorité urgente doit être de réduire l'utilisation des énergies fossiles. 

Au cours des deux dernières décennies, 100 entreprises ont été responsables de 71 % des émissions mondiales de carbone. 

Pour s'attaquer réellement au changement climatique, les entreprises doivent ARRÊTER de polluer et d'extraire les ressources pour le profit. La multiplication des Aires protégées n'est pas la solution.

 

22. Est-il vrai que les Aires protégées ne parviennent généralement pas à empêcher la disparition des espèces sauvages ? Ne sont-elles pas bonnes pour l'environnement ? 

 


Les Aires protégées, en particulier en Afrique, ne sont souvent pas aussi "protégées" qu'on pourrait le croire. 

Une fois que les zones ont été vidées de leurs anciens habitants, souvent par la violence, les terres sont contrôlées par des élites locales ou des ONG de conservation qui peuvent alors établir des relations avec les exploitants des ressources. Très souvent, le tourisme de masse, la chasse au trophée ou les industries extractives sont les bienvenus.

Le seul objectif qui a été presque atteint entre 2010 et 2020 dans le précédent plan d'action mondial pour la biodiversité était d'augmenter de 17 % les Aires protégées sur Terre. 

Pourtant, l'industrie de la conservation elle-même admet que la biodiversité a décliné encore plus rapidement au cours de la même période. 

Une étude réalisée en 2019 sur plus de 12 000 aires protégées dans 152 pays a révélé que la plupart d'entre elles n'avaient rien fait pour réduire la pression humaine sur la vie sauvage au cours des 15 dernières années.

À l'intérieur de beaucoup d'entre elles, la pression s'est en fait aggravée par rapport aux Aires non protégées. En expulsant les peuples autochtones, on empêche les meilleurs gardiens du monde naturel de les protéger.

Enfin, la création d'une Aire protégée est souvent considérée comme un feu vert pour détruire le paysage à l'extérieur de celle-ci : dans certains cas, les sociétés minières ou forestières achètent le silence des grandes ONG de protection de la nature en finançant leurs Aires protégées ou d'autres projets de protection, ou en créant des unités d'écogardes.

 

23. Alors quelle alternative au plan des 30x30 Survival propose-t-il ?

 

Les faits prouvent que la meilleure façon de protéger la biodiversité est de respecter les droits territoriaux des peuples autochtones, les meilleurs gardiens de la nature. 

Nous avons besoin d'un modèle de conservation totalement nouveau. Un modèle qui place les peuples autochtones et leurs droits au cœur de ses préoccupations, qui ne considère pas la "nature" comme dépourvue d'êtres humains et qui combat les véritables causes de la destruction de l'environnement que sont la surconsommation et l'exploitation des ressources naturelles à des fins lucratives par les pays du Nord.

Plus d'informations sur notre modèle alternatif ici : https://www.notreterrenotrenature.fr/manifeste

 

24. Des organisations comme le Bezos Earth Fund et le WWF affirment également que les peuples autochtones sont des partenaires essentiels pour protéger la biodiversité.

 

Elles font de telles affirmations depuis des décennies. Certaines ont même des politiques qui les engagent à respecter les droits des Autochtones. Mais il est important de regarder ce qu'ils font, et non ce qu'ils disent.

Ils continuent à soutenir la "conservation-forteresse" et à financer des gardes qui tuent, violent et torturent les peuples autochtones.

 

25. Existe-t-il des preuves que les peuples autochtones seront expulsés avec le plan des 30x30 ? Le plan indique-t-il quelles terres seront transformées en Aires protégées ?

 


Bien que le plan des 30x30 ne précise pas que les peuples autochtones seront expulsés, ni quelles terres seront transformées en Aires protégées, il est clair qu'il aura un impact dévastateur sur les peuples autochtones. 

Pourquoi ? 80 % des endroits les plus riches en biodiversité de la planète se trouvent sur les terres des peuples autochtones. 

Il est donc inévitable que, dans le cadre du plan des 30x30 — dont l'objectif fondamental est de protéger les zones importantes pour la biodiversité — une proportion significative des nouvelles Aires protégées vise les terres des peuples autochtones, en particulier dans les pays du Sud.

Un récent article universitaire estime que le plan des 30x30 pourrait déplacer et déposséder directement 300 millions de personnes, et en toucher beaucoup plus indirectement.

De plus, le modèle de conservation dominant en Afrique et en Asie est la "conservation-forteresse" - et sa popularité auprès des gouvernements et des organisations de conservation n'a pas l'air de diminuer. 

Ce type de conservation est hautement militarisé et implique soit l'expulsion des peuples autochtones de leurs terres, soit des restrictions si sévères de leur vie quotidienne qu'ils sont incapables de nourrir leurs familles. Ils perdent également l'accès à des zones essentielles telles que leurs sites sacrés et leurs lieux de sépulture.

 

26. Le plan des 30x30 est-il basé sur la science ?

 

Non, 30% est un chiffre qui a été inventé de toutes pièces. C'est un stratagème marketing, basé sur des preuves très faibles. L'un des principaux auteurs d'un article académique largement référencé qui appelle à augmenter les zones protégées à 30% a déclaré :  « Il n'y a pas de base scientifique pour 30%. C'est arbitraire. »

En fait, une nouvelle étude réalisée pour la Convention sur la diversité biologique par des scientifiques de la conservation montre que ce qui est plus important, c'est de s'attaquer aux causes sous-jacentes de la perte de biodiversité, comme la surconsommation, et les subventions à l'agriculture destructrice. 

D'autre part, il existe de nombreuses preuves scientifiques que les terres autochtones sont les meilleurs sanctuaires pour la biodiversité.

 

27. Que voulez-vous dire lorsque vous affirmez que les Aires protégées sont "nées dans la brutalité" ? 

 

La "conservation" telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui a une histoire sombre. 

Au XIXe siècle, les États-Unis ont créé les premiers parcs nationaux du monde, sur des terres volées aux Autochtones. De nombreux parcs nationaux américains ont contraint les populations qui avaient créé ces paysages "sauvages" riches en vie sauvage à quitter les lieux et à sombrer dans la pauvreté. 

Ce modèle de conservation, connu sous le nom de "conservation-forteresse", a été exporté dans le monde entier, notamment en Afrique et en Asie, où de riches chasseurs de trophées, désireux d'empêcher que "leur" gibier ne soit pris par les peuples autochtones et les chasseurs locaux qui vivent du commerce de la viande, ont créé des "réserves de chasse" qui étaient en réalité des parcs de chasse privés. 

L’idée de "nature sauvage" — de "nature" non touchée par l’humain — est au cœur même de l’histoire et de l’éthique de la conservation. 

Mais il s'agit d'un mensonge raciste et colonialiste, qui ne reconnaît absolument pas le rôle des peuples autochtones dans le façonnement de leurs propres territoires, dont ils ont pris soin. 

Les terres étant considérées comme vides, elles pouvaient donc être volées. Ce n'est pas une coïncidence si de nombreux conservationnistes éminents ont adopté les théories racistes les plus extrêmes de leur époque. 

Mais loin d'être dépourvus d'influence humaine, les "espaces sauvages" les plus célèbres du monde étaient et sont toujours habités par des peuples autochtones. 

Aujourd'hui, la "conservation-forteresse" est le modèle dominant dans de nombreuses régions du monde et implique toujours l'expulsion illégale des peuples autochtones et communautés locales de leurs terres ancestrales.

 

28. Les peuples autochtones ne bénéficient-ils pas des Aires protégées et des emplois d'écogardes ou de guides touristiques qu'elles créent ?

 

Aucune offre d'emploi ne peut compenser la perte de terres et de moyens de subsistance qu'entraîne une Aire protégée. Si les peuples ont été chassés de leurs terres illégalement, ils ne sont pas en mesure de choisir librement comment ils veulent vivre et subvenir à leurs besoins. 

Des peuples autrefois indépendants, autosuffisants et résilients sont souvent réduits par l'industrie de la conservation à travailler dans le secteur du service entièrement dépendant du tourisme.

 

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