La Cour d’appel décide que l’affaire des Bushmen doit être entendue

Un soutien important vient d'être apporté aux Bushmen gana et gwi et leurs voisins les Bakgalagadi par trois juges de la Cour d'appel du Botswana. Les Bushmen faisaient appel contre une décision de la Haute Cour de justice rejetant leur action en justice sur des détails techniques concernant la présentation des témoignages. La Cour d'appel a décidé que la Haute Cour devait auditionner les Bushmen. Ces derniers contestent leur expulsion de leur terre ancestrale dans la Réserve du Kalahari par le gouvernement qui les a relogés dans des camps à l'extérieur de la Réserve.

La première action en justice des Bushmen avait été intentée par Roy Sesana, un leader gana, et 247 autres ex-habitants de la Réserve. Les témoignages avaient été difficiles à présenter car Roy Sesana et la majorité des autres demandeurs ne savent ni lire ni écrire et ne pouvaient pas, pour la plupart, se rendre aux audiences de la Cour. Ces problèmes ont décidé la Haute Cour à rejeter l'affaire le 19 avril 2002.

Mais les trois juges en charge de l'appel, M. Tebbutt, Lord Sutherland et M. Akiwumi , ont souligné l'importance d'un tel procès et décidé qu'il devrait se tenir devant la Haute Cour. Au vu des difficultés concernant les témoignages écrits, les juges ont proposé aux Bushmen que le procès se tienne à Ghanzi, une ville assez proche de la Réserve et des camps de relocalisation, permettant ainsi à de nombreux Bushmen de venir témoigner en personne. Si cela n'était finalement pas possible, le procès se tiendrait alors à Lobatse et des témoignages  écrits seraient alors produits.

Les Gana, les Gwi et les Bakgalagadi espèrent maintenant que ce procès sera pleinement entendu et que la Cour reconnaîtra enfin leur droit à retourner vivre sur leurs terres.