The Lancet : les expulsions nuisent à la santé des Bushmen

The Lancet, le plus important journal médical du monde, vient de publier un article critiquant fortement l'expulsion, par le gouvernement du Botswana, des Bushmen gana et gwi de la Réserve naturelle du Kalahari central. Le rapport constate que, loin d'améliorer la vie des Bushmen, les expulsions ont conduit à la déterioration dramatique de leur état de santé.

'Le déplacement forcé des San [Bushmen] de la Réserve naturelle du Kalahari central au Botswana est un parfait exemple d'exercice préjudiciable du pouvoir par une majorité dominante et de ses conséquences sur la structure sociale et la santé des dépossédés' peut-on lire dans l'article.

The Lancet cite l'exemple de la montée alarmante du taux de sida comme l'une des conséquences de l'expulsion des Bushmen. Il indique également que l'augmentation de la consommation d'alcool dans les communautés bushmen constatée ces vingt dernières années est due aux bouleversements culturels, à la privation du territoire et des ressources et à la destructuration des liens communautaires'.

L'article met l'accent sur l'importance des droits territoriaux qui jouent un rôle décisif sur la santé des peuples indigènes en Afrique. 'On constate que la santé des peuples indigènes est, à  maints égards, systématiquement moins bonne que celle de la population majoritaire, en particulier lorsque la perte de territoire et des ressources naturelles ne leur permet plus de pratiquer leur mode de vie traditionnel et de maintenir leur culture, leurs savoirs et leurs institutions.

'Les peuples indigènes se définissent eux-même à travers une étroite relation à  la terre, de l'importance de leur environnement non seulement pour leur subsistance et la régulation des activités mais aussi pour leur survie matérielle et culturelle'.

Le leader bushman Roy Sesana, qui vit dans un des camps de relocalisation, a déclaré : 'Les gros travaux publics réalisés ici sont sensés apporter le développement, en réalité, ils n'apportent que le sida… Jusque-là , seuls les vieux disparaissaient de mort naturelle, aujourd'hui c'est tout le monde qui meurt comme jamais auparavant'.

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