L’ONU préoccupée par les violations de droits de l’homme en Papouasie

La représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les défenseurs des droits de l'homme vient d’achever sa visite en Indonésie.

Hina Jilani a déclaré le 12 juin dernier être "profondément préoccupée" par les témoignages révélant l'étendue des détentions arbitraires, de la torture et des harcèlements consécutifs à l’étroite surveillance et aux restrictions auxquelles est soumis le mouvement indigène papou qui ne cesse de dénoncer les violations des droits humains à l’encontre de son peuple.

Mme Jilani a rapporté que la police et l'armée avaient menacé de poursuites pénales les militants enquêtant sur les violations de droits de l'homme perpétrées par les forces de sécurité. Elle a été particulièrement choquée que ces militants soient accusés de séparatisme dans le but de saper leur crédibilité et a appelé à mettre un terme à cette situation.

La représentante spéciale a également déclaré qu’il était inquiétant de constater que les personnes œuvrant à la protection des droits territoriaux soient fréquemment menacées par "des acteurs privés alliés à de puissants intérêts économiques" sans aucune protection de la police.

Mme Jilani présentera son rapport de mission au Conseil des droits de l'homme des Nations unies et fera des recommandations détaillées à l'intention du gouvernement indonésien.

Survival a salué ses conclusions qui vont dans le sens de l’action que nous menons depuis 25 ans auprès des militants des droits de l'homme et des leaders indigènes de Papouasie occidentale. De nombreux Papous ont été assassinés, arrêtés et torturés pour avoir publiquement dénoncé la brutalité de la police et de l'armée. Survival n’a cessé de faire pression sur le gouvernement indonésien pour qu’il reconnaisse le droit des peuples de Papouasie occidentale à la possession collective de leurs terres et qu’il mette un terme aux violations de leurs droits fondamentaux.