Sept villages jumma incendiés dans les Chittagong Hill Tracts

Sept villages du peuple jumma des Chittagong Hill Tracts ont été réduits en cendres dimanche dernier par des colons bengalis soutenus par l'armée nationale.

Les villageois, y compris des femmes et des enfants, ont été brutalisés et dépossédés de leurs biens au cours de cette attaque. Une centaine de maisons ont été détruites et les habitants ont dû fuir dans les forêts voisines. Des colons bengalis ont également été blessés.

L'armée du Bangladesh a récemment initié un nouveau programme de colonisation dans la zone de Sajek, dans les Chittagong Hill Tracts en y installant de nouveaux groupes de colons bengalis. La construction des maisons de colons a déclenché des conflits entre ces derniers et les Jumma.

Depuis six ans, des centaines de milliers de colons ont été installés dans la région, forçant les onze tribus jumma à fuir et les exposant à une violente répression.

En 1997, le gouvernement avait signé un Accord de paix avec les Jumma en vertu duquel il s’engageait à retirer les bases militaires installées dans la région et à mettre un terme à la spoliation de leurs terres par les colons et l’armée. Cet Accord avait suscité un immense espoir, mais les camps militaires sont toujours dans les Hill Tracts et violences et spoliations n’ont pas cessé. Depuis que l'état d'urgence a été déclaré en janvier 2007, les mauvais traitements se sont multipliés.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : «  Le Bangladesh continue de vouloir la terre des Chittagong Hill Tracts sans les peuples qui l’habitent. La destruction de ces villages constitue une violation criminelle des droits de l’homme, s’apparente à un crime de masse et est presqu’une déclaration de guerre. Seule la pression de l’opinion internationale peut y mettre un terme, la diplomatie tranquille ayant toujours été dénuée d’efficacité ».