Le SIDA monte en flèche

Un homme moni, Papouasie
Un homme moni, Papouasie
© Survival

Une enquête récente menée par le programme Al Jazeera '101 East' a révélé l'impact dévastateur de la montée du VIH/SIDA parmi les peuples indigènes de Papouasie occidentale, en Indonésie.

En dehors de l'Afrique, la Papouasie occidentale connait les taux d'incidence du SIDA et d'infection par le VIH les plus importants au monde : 3% de la population est aujourd'hui infectée par le virus et les experts craignent qu'il n'atteigne 7% de la population en 2025. Sur quatre personnes touchées, trois sont indigènes, même si près de la moitié des habitants actuels de la Papouasie sont des migrants indonésiens venus du continent.

Les industries d'exploitation minière et forestière sont à l’origine de la destruction environnementale et de la catastrophe sociale dont sont victimes les Papous. Ces industries s’appuient sur l'armée qui soutient leurs activités et assure leur protection. Les forces armées ont la réputation déplorable de violer les droits de l'homme et notamment ceux des Papous.

Le développement industriel est également responsable de l'expansion du sida. La plupart des cas rapportés en Papouasie occidentale trouvent leur source dans l'industrie du sexe apparue avec les projets d'exploitation minière et forestière.

Une étude menée en 2001 a révélé que plus d'un quart des prostituées étaient séropositives. Les Papous travaillant dans ces industries ont ainsi transmis le virus dans leurs villages. Les données officielles établissent que le taux de VIH/SIDA chez les Papous est de quinze fois supérieur à la moyenne nationale indonésienne, mais les experts estiment qu'il est plus proche de cinquante.

Les Papous ont souffert de nombreuses années de violence et de brutalité de la part de l'armée indonésienne. Ils reprochent au gouvernement et à l'armée d'avoir introduit des prostituées séropositives et de n'avoir pris aucune mesure pour empêcher l'expansion de la maladie.

Les Papous n'ont pas accès aux traitements et aux mesures de prévention prises par le gouvernement – tout est centré dans les villes peuplées en majorité d’Indonésiens. On craint que l'épidémie ne soit pire que celle qui est annoncée puisque très peu de personnes vivant dans les régions reculées ont été soumises au test de dépistage ou savent même comment se préserver de cette maladie.

Pour plus d’informations et agir sur ce cas et sur bien d’autres problèmes provoqués par l’impact du développement imposé sur les peuples indigènes du monde entier, reportez-vous à notre campagne « Le progrès peut tuer ».