La Papouasie occidentale connaît le plus haut taux de sida en Indonésie

Un moni, Papouasie.
Un moni, Papouasie.
© Survival

La Commission nationale indonésienne du sida a confirmé le mois dernier que la Papouasie occidentale est la région d’Indonésie la plus touchée par le sida.

On estime que le nombre de personnes atteintes par le virus du sida en Papouasie occidentale est beaucoup plus élevé que ce qu’annoncent les chiffres officiels. Les cas recensés de la maladie ne représentent qu’une infime partie du nombre de personnes infectées, en particulier dans les zones reculées.

Le taux extrêmement élevé de VIH/sida en Papouasie est une conséquence de la florissante industrie du sexe qui est associée à l’exploitation minière et forestière et à l’industrie de la pêche. De toutes les villes indonésiennes, Timika, la ville proche de la compagnie minière américaine Grasberg de cuivre et d’or se place en quatrième position du taux le plus élevé de transmission du virus.

Le gouvernement indonésien a négligé de mener des programmes de sensibilisation sur le sida, de réaliser des tests de dépistage ou des traitements auprès des Papous. Les stéréotypes négatifs envers les peuples indigènes papous entretenus par le gouvernement indonésien et les agents de santé n’ont fait qu’exacerber le problème, en privilégiant essentiellement les traitements et les programmes de sensibilisation auprès de la population non-indigène principalement composée d’immigrants indonésiens ethniquement et culturellement distincts des Papous.

Après des années d’abus et de répression, les Papous se méfient des projets gouvernementaux, notamment ceux liés à la contraception. Certains accusent plus particulièrement les militaires d’introduire des prostituées infectées par le virus dans des zones indigènes. Les soldats sont bien connus pour offrir de l’alcool et des prostituées aux chefs de tribu afin de pouvoir accéder à leurs terres et ses ressources.

Pour plus d’informations et pour agir, consultez ‘Le progrès peut tuer’, la campagne de Survival sur l’impact du développement imposé aux peuples indigènes.