Des compagnies pétrolières bannies d'une réserve d'Indiens isolés

Un Indien murunahua récemment contacté, rivière Yurua, Pérou.
Un Indien murunahua récemment contacté, rivière Yurua, Pérou.
© David Hill/Survival

Un territoire réservé aux Indiens isolés en Amazonie péruvienne a été interdit d’accès aux compagnies gazières et minières.

La décision a été annoncée ce matin lors d’un événement promotionnel organisé à Londres par Perupetro, la compagnie nationale péruvienne responsable de la promotion de l’exploration gazière et pétrolière dans le pays. La grande majorité de la réserve avait été précédemment ouverte à l’exploration par la compagnie brésilienne Petrobras dans une concession dite ‘Lot 110’.

La réserve abrite l’un des derniers peuples indigènes isolés du monde, la tribu indienne Murunahua (ou Chitonahua). Leur premier contact avec le monde extérieur, au milieu des années 1990, fut catastrophique, il décima environ 50% de leur population.

Néanmoins, Perupetro a également annoncé qu’elle s’apprêtait à ouvrir, en Amazonie principalement, 25 nouvelles concessions d’exploration pétrolière et gazière, soit 10 millions d’hectares. Cette décision a été aussitôt critiquée par l’organisation nationale des Indiens d’Amazonie péruvienne, AIDESEP, qui l’a qualifiée de ‘nouvelle provocation’ et de ‘nouvelle menace’ à l’égard de la population indigène du Pérou.

La tournée promotionnelle de Perupetro a commencé à Houston au début de la semaine. Le président de la compagnie, Daniel Saba, s’est déjà illustré à plusieurs reprises pour ses propos outrageants à l’égard des Indiens isolés dont il nie l’existence ou même le fait que des réserves aient spécialement été créées pour eux.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Nous accueillons avec satisfaction la décision d’interdire l’accès de la réserve des Murunahua aux compagnies gazières et pétrolières dont la présence aurait été extrêmement dangereuse pour les Indiens qui n’auraient jamais pu donner leur consentement comme la loi l’exige. Mais Perupetro doit maintenant étendre cette interdiction à d’autres régions du Pérou : elle ne doit pas autoriser les compagnies à opérer dans les régions où elles n’ont pas obtenu le consentement libre, préalable et informé de la population locale – isolée ou pas’.

David Hill, chargé de campagne à Survival, s’est récemment rendu chez les Murunahua. Il est disponible pour interview.