Alstom participe à la destruction de l'Amazonie et des peuples indigènes

Roani, leader kayapo, était en France lannée dernière pour protester contre la construction du barrage de Belo Monte.
Roani, leader kayapo, était en France lannée dernière pour protester contre la construction du barrage de Belo Monte.
© Antonio Bonsorte/Amazon Watch

La compagnie française Alstom a signé un contrat d’environ 500 millions d’euros avec la compagnie brésilienne Norte Energia pour la fourniture d’équipements destinés au complexe hydroélectrique de Belo Monte. Alstom sera à la tête d’un consortium regroupant les compagnies Voith (allemande) et Andritz (autrichienne).

S’il est construit, le barrage de Belo Monte sera le troisième plus important au monde et menacera la vie et les modes de vie de milliers d’Indiens vivant dans la région du Xingu y compris des Indiens isolés extrêmement vulnérables. Il dévastera près de 1 500 km2 de forêt et déplacera de 20 000 à 40 000 personnes.

Des leaders indigènes appellent à l'arrêt de trois projets de barrages hydroélectriques en Amazonie.
Des leaders indigènes appellent à l’arrêt de trois projets de barrages hydroélectriques en Amazonie.
© Thomas Léaud/Survival

Le barrage qui a été abondamment critiqué, notamment par l’évêque du Xingu, Erwin Kräutler, lauréat du prix Nobel alternatif, et par le réalisateur James Cameron, fait actuellement l’objet d’une bataille judiciaire autour de la licence environnementale nécessaire à sa construction. La Commission interaméricaine des droits de l’homme vient de demander au gouvernement brésilien de suspendre la construction tant que les communautés indigènes n’auront pas été consultées et de prendre les mesures nécessaires pour protéger les Indiens isolés qui vivent dans la région.

Le barrage a également provoqué de vives manifestations de mécontentement de la part des Indiens et de leurs sympathisants dans le monde entier. Survival a appelé Alstom à dénoncer son contrat.

Lire la lettre de Survival à Alstom

Lors de sa récente tournée européenne pour faire halte à la construction de ce barrage, la militante juruna Sheyla Juruna a déclaré : ‘Le Xingu est notre foyer… on va le détruire… les poissons disparaîtront, les rivières se tariront, la forêt sera abattue. De nombreux Indiens seront affectés par le barrage de Belo Monte… Je suis particulièrement préoccupée par le sort des Indiens isolés – ils ne sont pas traités comme des êtres humains’.

S'il est construit, le barrage de Belo Monte sera le troisième plus important au monde et menacera la vie et les modes de vie de milliers d'Indiens.
S’il est construit, le barrage de Belo Monte sera le troisième plus important au monde et menacera la vie et les modes de vie de milliers d’Indiens.
© © Marcelo Salazar/ISA

Si Alstom se targue de respecter ‘les lois, les réglementations et autres obligations en vigueur’, des pays où elle est établie, le barrage de Belo Monte enfreint la Constitution brésilienne et la Convention 169 de l’Organisation Internationale du travail que le Brésil a ratifiée, les populations affectées n’ayant pas donné leur consentement à ce projet. L’évêque Erwin Kräutler alertait récemment l’opinion internationale sur le fait que ‘la construction de Belo Monte était fondée sur l’illégalité et le déni de dialogue avec les populations affectées’.

Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International (France) a déclaré : ‘Belo Monte est un parfait exemple de la contradiction d’Alstom avec ses engagements et ses prétendues valeurs fondamentales. Il est scandaleux qu’une compagnie française privilégie le profit au détriment des droits et de la vie des peuples indigènes’.

Note aux rédactions:
Alstom est, avec GDF Suez, également impliquée dans la construction des barrages controversés de Jirau et Santo Antonio sur la rivière Madeira au Brésil qui menacent également les Indiens isolés de cette région.