L'approbation d'un méga-barrage controversé provoque l'indignation

Des centaines de leader indiens du Brésil, riverains et tous ceux affectés par le barrage se sont réunis pour discuter et manifester contre le projet de développement de Belo Monte qui anéantira leur mode de vie.
Des centaines de leader indiens du Brésil, riverains et tous ceux affectés par le barrage se sont réunis pour discuter et manifester contre le projet de développement de Belo Monte qui anéantira leur mode de vie.

© Antonio Bonsorte/Amazon Watch

L’agence environnementale brésilienne IBAMA a donné son feu vert à la construction du méga-barrage controversé de Belo Monte.

Malgré la forte opposition des communautés indigènes, de mouvements sociaux, d’organisations et de scientifiques contre le barrage, IBAMA a attribué le 1er juin la licence environnementale qui permettra au consortium Norte Energia de démarrer le chantier.

La COIAB, alliance de plusieurs organisations indigènes d’Amazonie brésilienne, a déclaré qu’elle ‘rejetait énergiquement et avec une profonde indignation la décision d’IBAMA’, invoquant le fait que les peuples indigènes n’ont jamais été consultés à ce sujet par un gouvernement qui traite leurs intérêts avec ‘un autoritarisme encore jamais vu dans une jeune démocratie… En vérité il cherche à détruire les communautés indigènes avec son modèle de développement’. L’alliance poursuit par cet avertissement : ‘Le mouvement indigène est préparé [à lutter], notre forteresse est la rivière Xingu’

La détermination du gouvernement à construire ce barrage à tout prix enfreint le droit national et international.

Des procureurs fédéraux brésiliens ont déposé une requête contre le barrage et, en mai dernier, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a demandé aux autorités brésiliennes de consulter toutes les communautés indigènes qui seront affectées par le barrage avant d’entamer sa construction, conformément au droit brésilien et international.

Des leaders indigènes appellent à l'arrêt de trois projets de barrages hydroélectriques en Amazonie.
Des leaders indigènes appellent à l’arrêt de trois projets de barrages hydroélectriques en Amazonie.
© Thomas Léaud/Survival

La Commission a également exhorté le Brésil à adopter ‘des mesures particulières’ pour protéger la vie des Indiens isolés dans la région et pour empêcher la propagation de maladies contre lesquelles ils n’ont aucune immunité.

L’Association brésilienne des anthropologues a exprimé sa consternation dans une déclaration qui indique que la licence est soumise à 75 conditions, mais ‘aucune d’entre elles ne mentionne les populations indigènes ni de projet environnemental en leur faveur’.

Le Mouvement Xingu Vivo Para Sempre, une coalition d’organisations sociales et environnementales de la région du Xingu, a déclaré : ‘Nous ne céderons pas d’un centimètre. A chaque erreur commise, à chaque mensonge proféré, notre indignation et notre force de lutte ne feront que s’intensifier’.

Belo Monte sera le troisième plus grand barrage au monde et dévastera plus de 1 500 km2 de forêts, réduira le stock de poisson et polluera l’eau dont de nombreux Indiens dépendent pour leur survie.