Bianca Jagger soutient les peuples indigènes

14 Juin 2005

Cette page a été créée en 2005 et pourrait contenir des termes à présent obsolètes.

Bianca Jagger a apporté son soutien à une nouvelle campagne de Survival
incitant les gouvernements à ratifier le principal texte international concernant les droits des peuples indigènes.  Invitée le 13 juin dernier à la réunion du Right Livelihood Award (connu comme le ‘prix Nobel alternatif') à Salzburg, en Autriche, Bianca Jagger a déclaré : ‘La plupart de nos ex-colonies ont mené des politiques qui ont eu pour conséquence l'extermination de millions d'indigènes. Ces Etats continuent de les marginaliser en refusant d'adopter le texte le plus important concernant leur protection. Il est temps aujourd'hui d'agir concrètement. J'invite tous les Etats à ratifier sans plus attendre la Convention 169 de l'Organisation internationale du Travail (OIT)'.

Depuis son adoption, en 1989, la plupart des gouvernements ont ignoré cet
instrument essentiel qui est le seul texte international protégeant les droits des ‘peuples indigènes et tribaux'. On constate même actuellement  la volonté chez certains gouvernements de contester l'existence de droits collectifs, privilégiant le caractère individuel des droits de l'homme. Ces positions sont pour le moment largement ignorées du grand public ou des médias. Survival lance une campagne de mobilisation de l'opinion publique internationale visant à exhorter les gouvernements à reconnaître la notion de droits collectifs et en particulier à ratifier la Convention 169 de l'OIT concernant les peuples indigènes et tribaux.

La Convention 169 reconnaît aux peuples indigènes ‘les droit de propriété et
de possession sur les terres qu'ils occupent traditionnellement'. Cela est
primordial pour leur survie, aujourd'hui encore dans de nombreuses régions
du monde, des peuples sont expulsés de leurs terres pour laisser place à
l'exploitation minière ou pétrolière, à l'élevage,  aux barrages ou au tourisme. Au Botswana, par exemple,  les Bushmen de la Réserve du Kalahari n'auraient jamais pu être expulsés de leurs terres et parqués dans de sinistres camps de relocalisation, des ‘lieux de mort', si la Convention avait été appliquée.

La Convention garantit également le droit des peuples indigènes à ‘décider
de leurs propres priorités en ce qui concerne le processus du développement,
dans la mesure où celui-ci a une incidence sur leur vie, leurs croyances,
leurs institutions et leur bien-être spirituel et les terres qu'ils occupent'. Point crucial, il leur est également reconnu le droit de ‘participer à l'élaboration, à la mise en œuvre et à l'évaluation des plans et programmes de développement national et régional susceptibles de les toucher directement'. Les habitants de l'Amazonie équatorienne sont, par exemple, victimes de l'invasion des compagnies pétrolières qui depuis des dizaines d'années ont détruit et pollué la majeure partie de leurs forêts.

En Europe, seuls le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège ont ratifié la Convention 169. Interrogé sur les raisons qui s'opposaient à la ratification de la Convention par le Royaume Uni, le gouvernement britannique a rétorqué que la question n'était pas pertinente, le pays ne comptant pas de peuples indigènes. Pourtant, le Royaume-Uni finance de nombreux projets dans des
régions indigènes du monde entier et de nombreuses compagnies britanniques y sont actives. Si la seule raison pour un pays de ne pas ratifier la
Convention est l'absence de peuples indigènes sur son sol, alors cela ne coûte rien de le faire. La France n'a pas non plus ratifié la Convention alors que des peuples indigènes vivent sur son sol. L'enjeu n'y est ‘apparemment' pas le même, les droits collectifs n'étant pas inscrits dans la Constitution, le principe d'égalité devant la loi empêche l'existence juridique de peuples autochtones bénéficiant de droits spécifiques et notamment collectifs.

Pour obtenir plus d'informations
Magali Rubino 01 42 41 44 10
[email protected]

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