La cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde perturbée par un jeune indien

Un jeune Guarani a brandi une bannière sur laquelle on pouvait lire : Démarcation maintenant! lors de la cérémonie douverture de la Coupe du monde.

Un jeune Guarani a brandi une bannière sur laquelle on pouvait lire : Démarcation maintenant! lors de la cérémonie douverture de la Coupe du monde.

© Luiz Pires/CGY

L’un des trois enfants brésiliens qui ont lâché des colombes blanches lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde a saisi l’occasion pour exiger la reconnaissance des droits territoriaux indiens – mais son appel a été censuré par la FIFA.

Après avoir lâché une colombe blanche, Jeguaká Mirim, un jeune guarani, a brandi une bannière rouge sur laquelle était écrit : ‘Démarcation maintenant!’ Mais cette courageuse protestation n’a pas été montrée par les caméras de télévision qui ont immédiatement coupé son geste.

Le père de Jeguaká, l’écrivain guarani Olívio Jekupe, a déclaré : ‘Cet acte a montré que nous ne sommes pas passifs… Mon fils a annoncé au monde entier que ce dont nous avions le plus besoin était la démarcation de nos terres’.

Les Guarani vivent dans cinq pays, et c’est au Brésil qu’ils sont les plus nombreux. La plus grande partie de leurs terres a été spoliée pour faire place à l’élevage de bétail et aux plantations de canne à sucre. Nombre d’entre eux sont contraints de vivre dans des réserves surpeuplées ou dans des campements sordides au bord des routes où la malnutrition et les maladies sont monnaie courante. Certains, comme ceux de la communauté de Jeguaká ou Krukutu, vivent à la périphérie de zones urbaines comme São Paulo, où ils n’ont pratiquement pas de terre.

Suite à la perte de leur territoire, les Guarani-Kaiowá du Mato Grosso do Sul connaissent le taux de suicide le plus élevé au monde et leurs leaders sont systématiquement agressés et assassinés lorsqu’ils tentent de réoccuper leur territoire ancestral.

Les Guarani, Survival International et d’autres organisations appellent le gouvernement brésilien à respecter sa propre Constitution et la législation internationale en reconnaissant officiellement les territoires indigènes et notamment ceux des Guarani .

Coca-Cola, l’un des principaux sponsors de la Coupe du monde, a été récemment impliqué dans le scandale de l’accaparement des terres guarani. Il s’approvisionne en sucre auprès du géant américain Bunge, lequel achète la canne à sucre produite sur les terres spoliées aux Guarani. Les Guarani exigent que Coca-Cola respectent leurs droits et renonce à ce sucre.

La publicité de Coca-Cola et de la FIFA a été détournée par celle dun Indien en colère exigeant : Que vivent les Guarani!

La publicité de Coca-Cola et de la FIFA a été détournée par celle dun Indien en colère exigeant : Que vivent les Guarani!

© Survival International

Pour mettre en évidence la profonde ironie qui se dégage de la publicité de Coca-Cola et de la FIFA qui font la promotion de la Coupe du monde avec l’image d’un Indien heureux et le slogan ‘Bienvenue à la Coupe du monde pour tout le monde’, Survival l’a détournée avec l’image de Nixiwaka, un Indien yawanawa d’Amazonie brésilienne, souhaitant au lecteur la ‘Bienvenue à la face cachée du Brésil’.

Consultez sur le site de Survival la page consacrée à ‘La face cachée du Brésil’ pour en savoir plus sur l’offensive du gouvernement brésilien sur les droits des peuples indigènes.