Botswana : L’exploitation du diamant continue de porter préjudice aux Bushmen

Les Bushmen luttent toujours pour que leurs droits soient respectés.

Les Bushmen luttent toujours pour que leurs droits soient respectés.

Malgré des profits toujours croissants tirés de l’exploitation du diamant par une multinationale au Botswana, les communautés bushmen continuent d’en subir le préjudice.

La semaine dernière, le deuxième plus gros diamant de l’histoire a été découvert près de la réserve de chasse du Kalahari central, le territoire ancestral des Bushmen. Le Botswana n’a pas manqué de faire état de ses richesses tirées de l’exploitation du diamant devant les médias internationaux, mais la majorité d’entre eux a pour l’instant ignoré les violations permanentes des droits des Bushmen.

Les Bushmen ont été expulsés de leurs terres il y a plus d’une décennie. Lors d’un procès historique en 2006, ils ont officiellement gagné le droit de retourner sur leurs terres dans la réserve. Malgré la décision de la Cour, la majorité d’entre eux n’a pas été autorisée à s’y installer de nouveau. La vie de ceux qui ont pu rester sur place a été rendue quasiment impossible. Les ministres du gouvernement et la compagnie d’exploitation Gem Diamonds ont promis de forer de nouveaux puits sur le territoire, pourtant la majorité des Bushmen n’ont toujours pas accès à l’eau potable.

Les Bushmen sont forcés de dépendre des melons deau, leur unique source deau potable, ne disposant plus de puits sur leur territoire.

Les Bushmen sont forcés de dépendre des melons deau, leur unique source deau potable, ne disposant plus de puits sur leur territoire.

Le gouvernement botswanais a interdit la chasse au niveau national en 2014, ce qui a rendu la vie des Bushmen pratiquement impossible. Ils risquent d’être arrêtés, frappés et torturés par la police paramilitaire et les écogardes et sont accusés de braconnage quand ils chassent pour nourrir leurs familles. Tout cela en dépit du jugement de 2006 qui reconnaît leur droit à chasser dans la réserve.

Le gouvernement botswanais a refusé d’utiliser les ressources qu’il tire de l’exploitation des diamants pour soutenir les Bushmen, mais dépense sans compter lors des visites de hauts représentants étrangers et dans des campagnes publicitaires.
L’année prochaine, un film hollywoodien sur la vie du premier président botswanais interprété par l’acteur britannique David Oyelowo sortira en salles.

Survival International a mené une campagne d’envergure pour le droit des Bushmen à vivre dans la réserve et pour qu’ils soient traités comme des êtres humains par leur propre gouvernement. Cependant, leur avocat, Me Gordon Bennett, a été interdit d’entrée dans le pays et ne peut donc plus engager de procédures judiciaires pour que les droits des Bushmen soient respectés.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : ‘Les médias ont été tellement impressionnés par cette découverte que le Botswana a pu occulter sans peine les véritables victimes de la fièvre diamantifère. Les droits des Bushmen sont toujours violés par un gouvernement qui se considère trop puissant pour devoir obéir aux décisions de sa propre Cour suprême. Durant la période qui précédera le 50ème anniversaire de l’indépendance du Botswana l’année prochaine, Survival fera tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que les citoyens les plus dépossédés du pays commencent à être traités de façon juste’.