Des Indiens chassés de leur terre – leurs maisons incendiées par

Le 15 décembre au matin, plus d'une centaine de policiers fédéraux ont expulsé les Indiens Guarani-Kaiowa de Ñanderú Marangatú, dans l'Etat du Mato Grosso. Ñanderú Marangatú avait été officiellement reconnu en mars dernier comme territoire des Guarani-Kaiowa mais les éleveurs contestent cette décision devant la Cour suprême brésilienne.

Des hélicoptères de la police tournoyaient à basse altitude au dessus des 400 Indiens qui étaient forcés de quitter les lieux. Le président Lula avait, en mars dernier, signé la démarcation de Ñanderú Marangatú à l'issue de la campagne menée par les Guarani qui vivaient depuis plusieurs années sur une minuscule parcelle de 9 hectares. La signature présidentielle est généralement la dernière étape du processus de démarcation.

Cette expulsion a ranimé chez les Guarani le spectre récurrent de la famine. Au début de l'année, la presse avait beaucoup parlé d'eux lorsqu'on découvrit que des dizaines d'enfants étaient morts de faim en raison du manque de terre.

Les Indiens qui avaient passé plusieurs mois à cultiver une partie des 9 300  hectares officiellement reconnus comme leur territoire, ont été repoussés sur une parcelle de 30 hectares de Ñanderú Marangatú. Nombre d'entre eux sont contraints, par manque de place, de vivre dans des abris qu'ils construisent le long des routes.

L'un des Guarani expulsés a déclaré à Survival : ‘Les hélicoptères volaient à très basse altitude au-dessus de nous. Les enfants criaient et pleuraient. Trois personnes se sont trouvées mal et ont été emmenées à l'hôpital. Tout le monde pleurait, se trouvant démuni sur le bord de la route sous un soleil de plomb. Nous n'avions rien à manger. Les éleveurs ont profité de l'absence de la police pour brûler toutes nos provisions, nos vêtements et nos pièces d'identité. Ils ont incendié 15 maisons. Les vêtements que nous portons sont tout ce qui nous reste.

C'était terrible. Contrairement à ce qu'a affirmé la presse brésilienne, cela ne s'est pas passé pacifiquement. C'était épouvantable. Tout le monde est traumatisé. J'y étais, j'ai tout vu. Les gens disent qu'ils vont se suicider.'

Deux journalistes de la télévision néerlandaise ont été arrêtés durant l'expulsion.


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