Au bord de la route, un camp de Guarani-Kaiowá expulsés de leur terre


Cela fait des années que ce groupe de Kaiowá tente de récupérer sa terre, Takuára. Cette terre, située à Juti, dans le Mato Grosso do Sul, des propriétaires terriens la leur ont volée en 1953, et l'ont renommée Fazenda Brasília do Sul.

Après avoir fait pression en vain pendant des années pour obtenir la reconnaissance, par les autorités, de leur territoire traditionnel conformément à la Constitution brésilienne, les Indiens décidèrent de retourner sur leurs terres en avril 1997. Ils commencèrent à reconstruire leur communauté et à cultiver leurs jardins. Mais les propriétaires terriens qui occupaient la région portèrent plainte, et un juge ordonna l'expulsion des Indiens. En octobre 2001, une centaine de policiers et de militaires lourdement armés forcèrent les Indiens à quitter leurs terres. Ils furent installés à Caarapó, une région déjà occupée par d'autres Guarani, soi-disant pour une courte période, le temps que la Fondation nationale de d'Indien (FUNAI) négocie leur retour sur leurs terres. Mais rien ne se fit, et les Indiens se retrouvèrent coincés sur les terres d'autres Guarani qui les chassèrent en raison des inévitables tensions et de la pénurie que cette situation provoquait. Takuára – Fazenda Brasília do Sul est désormais reconnu comme territoire indigène kaiowá, mais la FUNAI continue d'en retarder la démarcation, source d'angoisse et de souffrances dont la communauté pourrait se passer.

Les Kaiowá veulent désespérément retourner sur leur terre sacrée, leur tekoha. Araldo Veron, l'un des Indiens qui campaient sur la route, a révélé à des journalistes que son père, Marcos Veron, le chef du groupe, voulait se suicider. Lorsqu'il vivait encore à Takuára, Marcos avait dit : « Ceci est ma vie. Mon âme. Si vous m'enlevez de cette terre, vous m'enlevez la vie. » Les Kaiowá ont connu une dramatique vague de suicides depuis qu'ils ont été chassés de leur terre.