La délégation du Botswana sous le feu des questions embarrassantes des Nations unies


Vendredi dernier, à Genève, le gouvernement du Botswana a dû affronter les questions du Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) concernant l'expulsion des Bushmen gana et gwi de leur territoire ancestral dans la Réserve naturelle du Kalahari central.

S'adressant au gouvernement botswanais, le délégué burkinabais a observé que les Bushmen étaient victimes de ‘discrimination et de marginalisation', et le délégué britannique a déclaré : ‘Ce qui inquiète le plus grand nombre, c'est le spectacle d'une des plus grandes cultures africaines confrontée à une grave danger'.

Le délégué indien a, quant à lui, exprimé sa préoccupation pour les membres de l'organisation bushman First People of the Kalahari qui n'ont pu assister à la session du Comité, leurs passeports ayant été confisqués.

Le rapporteur spécial du Comité, M. Siciliano, a fait part de sa conviction selon laquelle le gouvernement ne devait pas ‘préjuger' du procès que les Bushmen mènent actuellement contre le gouvernement pour pouvoir retourner sur leurs terres. Il a suggéré que le gouvernement ne poursuive pas le processus d'expulsion tant que le verdict n'aura pas été rendu.

Les membres du Comité ont également exprimé leur inquiétude concernant à la fois les mauvais traitements dont sont victimes les Bushmen de la part de la police et la récente modification constitutionnelle qui a abrogé une clause sur la protection des Bushmen. Ils ont appelé le gouvernement botswanais à ouvrir un véritable dialogue avec les Bushmen pour discuter de leurs préoccupations.

Le gouvernement du Botswana devait aujourd'hui répondre aux questions du Comité.