Une mystérieuse maladie tue les Bushmen expulsés

Depuis le début de l'année, dans le camp de relocalisation de New Xade, au moins 15 Bushmen sont morts subitement sans raison apparente et trois autres sont actuellement dans un état critique. Ces décès surviennent alors que récemment, à Londres, la baronne Tonge et plusieurs de ses pairs ont prétendu devant la Chambre des Lords que les expulsions avaient été bénéfiques aux Bushmen. [Cliquez ici pour consulter un article du Guardian sur ce sujet].

Gaseitsiwe Gaorapelwe est décédé soudainement peu après que son corps se soit couvert de boutons. Torturé par des gardes forestiers en 2000 pour avoir chassé, il avait confié à un chargé de mission de Survival : ‘Qui s'occupera de mes enfants ? Le gouvernement est en train de me tuer'.

Gaseitsiwe Gaorapelwe a été expulsé de sa communauté de Molapo en février 2002. En juillet de la même année, il avait déclaré à Survival : ‘Je veux retourner à Molapo. Je n'ai pas demandé à être relocalisé… Donc j'y retourne'. Il est en effet retourné à Molapo malgré le harcèlement des autorités mais a été de nouveau expulsé par des policiers armés en octobre 2005.

La semaine dernière, l'organisation bushman First People of the Kalahari déclarait dans un communiqué : ‘Depuis la mi-janvier, il y a eu plus de décès [à New Xade] que d'habitude depuis notre expulsion de la Réserve naturelle du Kalahari central. La mort, accompagnée de vomissements et de difficultés respiratoires, survient très rapidement. Les autorités ont connaissance de cette situation mais, jusqu'à présent, aucun médecin n'a été envoyé à New Xade pour diagnostiquer cette maladie. Cela prouve bien que le gouvernement ne dit pas la vérité lorsqu'il affirme que New Xade est un endroit où les Bushmen pourront se développer'.

Au cours du débat à la Chambre des Lords, la baronne Tongue a qualifié de ‘primitifs' les Bushmen qui vivent encore ‘à l'âge de pierre' et a affirmé que le gouvernement du Botswana les a expulsés afin de leur apporter ‘éducation et développement'. Lord St John of Bletso a ajouté : ‘De nombreux Bushmen ont protesté mais je pense que cela a été fait dans leur intérêt'.

Les conséquences sanitaires désastreuses du déplacement des peuples indigènes en dehors de leurs territoires sont bien connues. Chez les Innu du nord du Canada, déplacés par le gouvernement dans les années 1960, le taux de suicide est 12 fois supérieur à la moyenne nationale et plus de 50% de la population souffre de diabète. Le suicide et le diabète étaient pourtant étrangers aux Innu avant la spoliation de leur territoire.


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Magali Rubino
01 42 41 44 10
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