Suicide d’une femme guarani mère de quatre enfants

Teresa Murilha, une jeune femme guarani kaiowá, mère de quatre enfants, s’est donné la mort le 11 octobre dernier dans la communauté de Paso Pirajú. C’est son fils aîné qui l’a découverte pendue à une poutre de leur habitation.

Teresa s’était absentée de sa communauté pour obtenir des conseils juridiques concernant l’aide apportée aux familles dont le père est en prison.

La distribution mensuelle de l’aide alimentaire aux communautés indigentes a eu lieu pendant son absence. Teresa n’ayant pu la réceptionner, sa famille n’a rien reçu. Elle s’est donné la mort par désespoir de n’avoir aucune nourriture à donner à ses jeunes enfants.

Le mari de Teresa avait été arrêté arbitrairement en avril dernier avec huit autres Guarani, accusés du meurtre de deux policiers qui étaient entrés dans la communauté (voir le communiqué de Survival à ce sujet : https://survivalfrance.org/news.php?id=1561)

La communauté guarani de Paso Pirajú lutte pour ses droits territoriaux. Des dizaines de familles vivent à l’étroit dans des conditions déplorables sur une parcelle de 60 hectares entourée par les fermes d’élevage qui occupent ce qui autrefois étaient leurs territoires de chasse et de pêche. Des hommes armés patrouillent dans la région, terrorisant et intimidant les Indiens.

Le suicide et la malnutrition sont monnaie courante dans de nombreuses communautés guarani où des centaines de personnes survivent sur des minuscules lopins de terre où ils ne peuvent plus assurer leur survie alimentaire grâce à la chasse, la pêche et l’agriculture.

Ces 20 dernières années, plus de 300 Indiens guarani, environ 1% de la population guarani du Brésil, se sont donné la mort. En 2005, des dizaines d’enfants guarani sont morts de faim.

Des chefs guarani ont émis une déclaration dans laquelle ils expliquent : ‘La mort et la famine sont dues à plusieurs facteurs, parmi lesquels la perte de nos terres, qui conduit à l'effondrement de notre économie et de nos moyens de subsistance’.

Cliquez ici pour lire l’intégralité de cette déclaration.