Invasion massive du territoire d’Indiens isolés

800 personnes environ ont envahi le territoire indigène des Uru-eu-wau-wau dans l’Etat du Rondônia, en Amazonie.

Les leaders uru-eu-wau-wau ont rencontré mercredi dernier les autorités brésiliennes pour leur demander d’expulser immédiatement les envahisseurs.

Il a été rapporté qu’un avocat corrompu de la région a vendu des parcelles du territoire indigène abritant entre 4 et 6 groupes d’Indiens non contactés qui seront exposés au danger des épidémies et de la violence si l’invasion n’est pas immédiatement stoppée.

Après leur premier contact avec le monde extérieur en 1981, la population uru-eu-wau-wau a rapidement chuté en raison des maladies introduites par les colons et les mineurs. Il y eut de nombreux affrontements, avec des victimes des deux côtés.

Le territoire uru-eu-wau-wau a été légalement reconnu par un décret signé par le président du Brésil en 1991. Selon la législation brésilienne, les Indiens peuvent occuper ce territoire et utiliser ses ressources.

Mais la construction d’une grande route, la BR 364, principalement financée par la Banque mondiale dans les années 1980, a entrainé l’invasion massive de colons, éleveurs, bûcherons et mineurs sur leur territoire.

Aujourd’hui les Uru-eu-wau-wau ne sont plus que quelques centaines et, en raison de leur isolement relatif, toujours très vulnérables aux maladies importées.

Ils utilisent l’écorce d’un arbre pour fabriquer du tikiuba, un poison dont ils enduisent leurs flèches pour chasser des tapirs et autre gros gibier. Ils sont connus pour les tatouages qu’ils se font autour de la bouche avec du genipapo, une teinture noire extraite d’un fruit amazonien.