Des Indiens menacés par des barrages

Les Enawene Nawe, un groupe indien isolé, ont dénoncé le projet d’une série de barrages qui menacent leurs moyens de subsistance.

Ces barrages auront un effet dévastateur sur le cycle de reproduction des poissons qui représentent une part importante de l'alimentation des Enawene Nawe, un des rares peuples à ne pas consommer de viande rouge.

Jusqu'à 11 barrages sont prévus sur le fleuve Juruena qui traverse le territoire des Indiens. Pour eux, au-delà du seul aspect alimentaire, les poissons ont une importante signification rituelle et symbolique.

Les barrages seront financés par un consortium de compagnies, qui sont pour la plupart liées à l'industrie du soja.

Les Enawene Nawe qui s'opposent aux barrages ont lancé un appel pour les aider à stopper leur construction :

Nous sommes les Enawene Nawe du village de Halataikiwa.

Nous revenons d'une réunion. Nous ne voulions pas de cette réunion, ce sont les Brésiliens qui nous y ont invités. En dehors de nous, il y avait des représentants nambiquara, pareci, myky et rikbaktsa.

A cette réunion, nous avons parlé avec un Brésilien de la construction des barrages. Le Brésilien a dit : "Venez voir le premier barrage que nous avons déjà construit". Il a poursuivi : "Les barrages sont une bonne chose, pas une mauvaise chose. Les poissons ne mourront pas, l'eau ne sera pas polluée, la forêt ne mourra pas".

Nous avons clairement dit aux gens qui veulent construire les barrages : "Ne construisez pas les barrages, nous n'en voulons pas".

En ce qui nous concerne, nous les Enawene Nawe, sommes complètement opposés aux barrages. Nous ne voulons ni voiture ni argent.

Nous pensons aux poissons et à l'eau.

Les Rikbaktsa pensent la même chose.

Dès que nous sommes rentrés chez nous, nous les Enawene Nawe, nous sommes concertés.

Puis nous avons discuté avec le procureur général de Cuiabá [la capitale de l'Etat du Mato Grosso]. Cette personne a dit que la situation était très difficile.

Nous avons alors pensé que l'OPAN [une ONG brésilienne qui travaille avec les peuples indigènes] et le ministère des Affaires publiques devraient examiner ensemble l’étude d'impact et que nous devrions aller à Brasilia pour que tous les Enawene Nawe puissent s'y exprimer.

Nous sollicitons une aide extérieure, car nous sommes très mécontents, vraiment très mécontents.