Les îles Andaman défient la justice

Il y aura cinq ans cette semaine que la Cour suprême indienne a ordonné la fermeture de la route qui traverse le territoire des Jarawa et qui les menace dans leur existence-même. Le gouvernement local a ignoré ce jugement et la route est toujours ouverte.

Les 300 Jarawa, qui vivent principalement de la chasse dans la forêt tropicale, ont résisté à tout contact avec le monde extérieur jusqu'en 1998. La route permet aux braconniers et autres envahisseurs de pénétrer au cœur de leur territoire apportant exploitation et violence ainsi que des maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés. Des excursions touristiques sont de plus en plus fréquemment organisées en toute illégalité le long de la route avec la complicité des fonctionnaires locaux.

Dans un rapport publié en mars dernier, le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale a exhorté l'Inde à fermer la route. Mais les autorités locales ont demandé à la Cour suprême de révoquer sa décision.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : « Il est inconcevable que le gouvernement indien ignore totalement depuis cinq ans une décision de sa propre Cour suprême. Il faut y voir le signe, soit de l'absence totale d'une réelle volonté de sauvegarder les Jarawa, soit de l'incapacité à réaliser la gravité de la situation dans laquelle le maintien de la route place les Jarawa. Celle-ci doit être fermée d’urgence avant qu'il ne soit trop tard ».

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