Des Indiens nomades victimes de la guerre civile

Les Nukak, l’un des derniers groupes d’Indiens nomades d'Amazonie, sont victimes des conséquences du récent accord sur les otages négocié entre le gouvernement colombien et la guérilla d'extrême gauche des FARC.

Les Nukak ont été bombardés par l'armée colombienne combattant les guérilleros qui ont violemment pris possession de la majeure partie de leur territoire. Ces derniers jours, de nombreux Indiens se sont enfuis vers la ville voisine de San Jose del Guaviare et de nombreux autres devraient faire de même.

Les bombardements ont eu lieu quelques jours après l'assassinat, par le front 44 des FARC, de Monikaro, un Indien nukak. Monikaro avait quitté le territoire nukak en 2004 pour fuir le conflit qui opposait l'armée, la guérilla et les paramilitaires, luttant pour le contrôle de la lucrative culture de coca. Le territoire nukak est également convoité comme site potentiel de plantations de palmiers à huile (source de biocarburant), et pour ses réserves de pétrole.

Les Nukak sont entrés en contact continu avec le monde extérieur en 1988. Depuis lors, plus de 50 % d’entre eux sont morts. Le conflit qui s’est progressivement étendu sur leur territoire a, depuis 2003, fait fuir plusieurs vagues successives de Nukak. Les tensions entre différents clans, contraints de partager un territoire et des ressources limités, vont certainement s'intensifier.

Ces dernières violences surviennent à peine quelques mois après que les Nukak eurent pris le long chemin du retour, dans l’espoir que les combats cessent.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Il est scandaleux que les Nukak, l’un des derniers peuples nomades d’Amazonie, soient impliqués dans des combats qui ne les concernent pas. Des centaines d'entre eux sont morts ces 20 dernières années, certains de maladies, les autres, victimes du conflit armé qui les encercle. Tous les protagonistes de cette guerre semblent prêts à sacrifier les Nukak pour parvenir à leurs fins".

Pour plus d’informations
Magali Rubino 00 33 (0)1 42 41 44 10
mag[email protected]

Agissez!
Ecrivez une lettre en faveur des Nukak.