Les Enawene Nawe menacés par des propriétaires terriens

Un groupe d'hommes armés qui a violemment fait irruption dans un camp de pêche des Indiens enawene nawe, dans l'Etat brésilien du Mato Grosso, les menacés de représailles s'ils ne quittaient pas les lieux. Lorsque les Indiens leur ont demandé qui ils étaient, deux ont déclaré être des policiers, les autres des propriétaires terriens de la région.

Lalowalohiene, l’un des Enawene Nawe témoin de l’incident a déclaré : «Nous avons entendu des coups de feu. Il y en a eu beaucoup. J'ai demandé : ‘Pourquoi avez-vous des revolvers? Nous ne sommes pas des bandits. Nous les Enanewe ne faisons que pêcher dans la rivière pour nos rituels’».

Il y avait comme de coutume des enfants au barrage construit par les Indiens sur la rivière pour capturer les poissons. Ils participaient avec les adultes au rituel « Yankwa » durant lequel les Enawene nawe passent plusieurs mois dans des camps de pêche où ils fument le poisson avant de retourner dans leur village.

Kameroseene Enawene Nawe a déclaré : «Comment peuvent-ils tirer sur nos enfants? C’est odieux. Nous en sommes tous indignés».

Ce camp de pêche se trouve dans la région du rio Preto. Les Enawene Nawe font pression sur le gouvernement brésilien pour qu'il reconnaisse leurs droits de propriété sur cette région, d’une importance capitale pour eux sur le plan symbolique et économique parce que particulièrement riche en poissons et en noix et fruits de la forêt.

Cependant, un groupe de propriétaires terriens qui envahit progressivement la région pour en exploiter les forêts, a obtenu l'an dernier qu’un tribunal interdise aux Enawene nawe d'y établir leurs camps de pêche. Un juge doit prochainement se prononcer sur la légalité de cette injonction.

Un groupe d'Enawene Nawe s'est rendu à Cuiabá, la capitale de l'Etat, pour y rencontrer le procureur général et la Funai (Fondation nationale de l'Indien), pour leur demander d'agir contre les propriétaires terriens et de garantir leur droit de pratiquer la pêche dans ces rivières.