Requête urgente sur les peuples isolés adressée aux Nations Unies

Quatre Ayoreo-Totobiegosode juste après leur premier contact en 2004. Ce sont les derniers Indiens à être entrés en contact avec le monde extérieur.
Quatre Ayoreo-Totobiegosode juste après leur premier contact en 2004. Ce sont les derniers Indiens à être entrés en contact avec le monde extérieur.
© GAT/Survival

Survival International vient d'adresser une requête urgente aux Nations Unies concernant la situation dramatique des Indiens isolés du Paraguay dont la forêt est détruite par les éleveurs de bétail.

« Nous estimons qu'il s'agit de la menace la plus sévère infligée à un peuple indigène », indique le rapport de Survival adressé au Rapporteur Spécial sur les droits des peuples indigènes, James Anaya.

« Si le gouvernement du Paraguay ne prend pas de toute urgence les mesures qui s'imposent pour arrêter la déforestation, les Ayoreo-Totobiegosode ont peu de chance de survivre. Survival vous exhorte à agir dans les plus brefs délais afin de garantir qu'ils pourront vivre sur leur propre territoire et de la manière dont ils le souhaitent. »

Le territoire des Totobiegosode est actuellement dévasté par deux compagnies brésiliennes : River Plate SA et Yaguarete Pora SA.  Le ministère paraguayen de l'Environnement vient de retirer la licence d'exploitation de cette dernière.

« Nous savons par expérience qu’il existe un risque imminent de conflit violent entre les employés de la compagnie et les Totobiegosode qui pourrait avoir des conséquences fatales », précise le rapport de Survival. « Les Totobiegosode sont par ailleurs extrêmement vulnérables à toutes formes de contact avec le monde extérieur en raison de leur manque d'immunité contre les maladies importées ».

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd'hui : « C’est une situation paradoxale. Tandis que le gouvernement brésilien investit dans la protection de ses propres peuples isolés, il autorise des compagnies brésiliennes à détruire les terres et les modes de vie de peuples vivant en dehors de ses frontières. Il est à espérer que les Nations Unies empêcheront les Totobiegosode de disparaître. »