Les droits territoriaux des Guarani – ‘une question d'honneur’

Un homme guarani
Un homme guarani
© João Ripper/Survival

Le président de la FUNAI, le département des affaires indigènes du gouvernement brésilien, a déclaré que la reconnaissance des droits territoriaux des Guarani dans l'Etat du Mato Grosso do Sul était ‘une question d'honneur’ et l'un des principaux défis que son département devait relever.

Marcio Meira, président de la FUNAI,  a ajouté que la communauté internationale observait avec attention l’attitude du Brésil vis-à-vis des Guarani et qu'il était inadmissible qu'ils vivent dans une telle ‘précarité’.

Depuis des décennies, les Guarani ont été expulsés de leurs terres et confinés dans des réserves surpeuplées où dominent la violence et la malnutrition. Ils détiennent le triste record de l’un des plus hauts taux de suicides au monde.

Selon le CIMI, une organisation catholique brésilienne de défense des droits des peuples indigènes, le taux d'homicide chez les Guarani-Kaiowá était, l'an dernier, vingt fois plus élevé que celui de l'Etat de São Paulo et 32 Guarani-Kaiowá au moins se sont suicidés. Les Guarani disent que les suicides et la violence sont le résultat d'un manque de terre et d'une perte d'espoir en l’avenir.

Selon Anastacio Peralta, porte-parole guarani-kaiowá, ‘[pour la société brésilienne] une vache est plus importante qu'un enfant indien et le soja plus qu'un tronc d’ipé’.

L'an dernier, le bureau du procureur général responsable de la garantie des droits des peuples indigènes a ordonné à la FUNAI de mettre en place un programme de reconnaissance des droits territoriaux des Guarani. Six groupes de travail ont ainsi été formés dans le but de délimiter et de reconnaître officiellement les terres guarani.

Les groupes de travail ont commencé leurs activités en août 2008, mais une coalition de propriétaires terriens, de colons et de politiciens locaux a lancé une campagne anti-indienne et plusieurs propriétaires terriens ont refusé de coopérer. Confrontés à des manœuvres croissantes d’intimidation, les groupes de travail ont dû abandonner leurs activités.

Il y a quelques jours, le président Lula a envoyé dans la région le Général Jorge Armando Félix, ministre chargé de la sécurité institutionnelle, pour rencontrer les politiciens locaux, les propriétaires terriens et les Indiens afin d’établir un rapport sur la situation. Les groupes de travail devraient reprendre leurs activités cette semaine.