Premières nouvelles confirmées des tribus isolées des Iles Andaman

Les premières informations de source autorisée concernant le sort des cinq
tribus isolées des îles Andaman et Nicobar, touchées de plein fouet par le
terrible tremblement de terre en Asie, commencent à nous parvenir. Toutes
semblent avoir survécu mais la plus nombreuse d'entre elles, les Nicobarese,
auraient subi de lourdes pertes.
 
• Les 270 Jarawa, qui vivaient jusqu'à très récemment dans un quasi-isolement, semblent être sains et saufs ; ils se trouvaient certainement à l'intérieur de la forêt quand le tsunami a frappé les côtes de leur île.
 
• La plupart des Onge, qui vivent dans deux camps construits par le
gouvernement, se sont réfugiés sur les hauteurs quand la mer a commencé à se retirer, très certainement grâce à leurs connaissances ancestrales de
l'océan et de ses mouvements. Ils sont actuellement pris en charge par une
communauté voisine et sont logés dans un bâtiment scolaire.  Les Onge
avaient déjà subi de terribles pertes, passant de 672 en 1901 à environ une
centaine aujourd'hui.
 
• Suite à des survols des îles Sentinele qui abritent les Sentinele, la tribu la plus isolée de la région, des témoignages indiquent que ces derniers ont été vus sur les plages et qu'ils auraient tiré des flèches en direction des hélicoptères les survolant. Néanmoins, les déclarations officielles affirmant que tous les Sentinele ont survécu sont prématurées, leur nombre exact étant inconnu (on l'estime entre 50 et 250) et l'accès à l'île impossible.
 
• Aucune information sûre n'a pour l'instant été obtenue concernant le sort des 41 Grands Andamanais mais les premières nouvelles indiquent qu'ils auraient quasiment tous survécu.
 
•  Il n'y a également aucune information fiable sur la situation des 380 Shompen, une tribu isolée vivant sur l'île de Grand Nicobar. On espère que,
comme les Jarawa, leur mode de vie de chasseurs-cueilleurs les conduisant à
vivre essentiellement dans la forêt, ils aient été épargnés par le raz-de-marée.
 
Les six tribus appelées Nicobarese, représentant plus de 30 000 personnes,
ont en revanche été beaucoup plus touchées. L'ensemble des 12 villages de
l'île de Car Nicobar a été englouti et il y aurait très peu de survivants.
Contrairement aux autres tribus, les Nicobarese ne sont pas des chasseurs-cueilleurs mais des horticulteurs sédentaires. La majorité d'entre
eux s'est convertie au christianisme et est beaucoup plus assimilée que les
autres tribus des îles Andaman et Nicobar.
 
Rappel : les Jarawa, les Onge, les Sentinele et les Grands Andamanais
auraient quitté l'Afrique pour les îles Andaman il y a plus de 60 000 ans.
Leurs langues étant mutuellement inintelligibles, il est établi que chacune
des quatre tribus a vécu isolée sur son île. Ils ont pourtant en commun le
même mode de vie, tous sont des chasseurs-cueilleurs nomades vivant des
ressources de la forêt et du produit de la pêche sur les côtes. Ils ont
terriblement souffert depuis que les îles ont été colonisées, d'abord par
les Anglais puis par l'Inde.

Pour plus d'informations, contacter :
à Londres : Sophie Grig et Miriam Ross, chargées de campagne pour Survival qui se rendent régulièrement dans les îles Andaman et qui sont en contact avec nos représentants sur place.
Tél 00 44 20 76 87 87 34 [email protected]
à Paris : Magali Rubino
Tél 01 42 41 44 10 [email protected]