Davi Yanomami exhorte le président brésilien à expulser les orpailleurs

Piste datterrissage illégale au coeur du territoire des Yanomami
Piste datterrissage illégale au coeur du territoire des Yanomami

© Hutukara/ISA

Davi Kopenawa, porte-parole et chamane yanomami, a rencontré le président Lula cette semaine et lui a demandé d'expulser les orpailleurs qui pénètrent illégalement en territoire yanomami au nord du Brésil.

Les campements d’orpailleurs se multipliant, Hutukara, l'association des Indiens yanomami, a demandé à plusieurs reprises aux autorités de prendre des mesures urgentes devant le risque que fait courir leur présence sur leur santé et l’environnement.

Certains orpailleurs font usage de la violence envers les Indiens. Au début de l’année, un Indien yekuana a été tué par les chercheurs d'or pour avoir refusé de les conduire en territoire yanomami.

Les orpailleurs transmettent des maladies telles que la malaria ou la grippe contre lesquelles les Yanomami, relativement isolés, ont peu d'immunité.

Dans une lettre adressée au président, Hutukara demande la pleine participation des communautés yanomami dans le nouveau programme de santé qui doit remplacer le programme actuel discrédité par la corruption et la bureaucratie. Ces derniers mois, des centaines de Yanomami ont contracté la malaria et beaucoup d'enfants en sont morts faute de soins qui n'atteignent pas les communautés..

Hutukara demande également l'expulsion d'un groupe de fermiers et d'éleveurs bovins illégalement installé dans un territoire appartenant aux Yanomami de la communauté d'Arajani qui causent d’importants dommages environnementaux et terrorisent la population.

La lettre se termine par une vive critique du développement qui leur est imposé et de l'exploitation minière à grande échelle. Les Yanomami expliquent également leur manière de concevoir le développement : ‘Vous [les non Indiens] prétendez que nous sommes pauvres et que notre vie s'améliorera. Mais que connaissez-vous de notre vie pour affirmer qu'elle pourrait être meilleure? Le fait que nous soyons différents de vous, que nous vivions autrement et que les choses n’ont pas pour nous la même valeur que pour vous ne signifie pas que nous sommes pauvres.

‘Nous, Yanomami, possédons bien d'autres richesses que nos ancêtres nous ont transmises mais que vous, les Blancs, ne pouvez pas voir : la terre qui nous donne la vie et l'eau pure que nous buvons et le bonheur de nos enfants… Nous voulons que notre droit à choisir ce qui nous convient soit respecté’.

Lire la lettre de Hutukara (en portugais)