Chittagong Hill Tracts : le calme revient dans la crainte de nouvelles violences

Les enfants de Buddhapati Chakma, qui a été tuée par les soldats, s'adressent aux journalistes.
Les enfants de Buddhapati Chakma, qui a été tuée par les soldats, s’adressent aux journalistes.
© Satrong Chakma

Le calme est revenu dans les Chittagong Hill Tracts après la violente attaque de l’armée et des colons sur des villages jumma. Cependant, les rapports qui nous parviennent de la région indiquent que des milliers de Jumma sont restés sans abri après que les colons soutenus par l’armée eurent réduit en cendres plus de 400 maisons tribales. Deux temples bouddhistes, deux églises et une école ont également été incendiés. Des milliers de Jumma ont dû fuir dans la forêt pour échapper aux soldats et aux colons.

L’attaque a eu lieu à Baghaihat dans la région de Sajek, où les tensions n’ont cessé de monter depuis l’installation de colons bengali soutenus par l’armée sur le territoire des Jumma.

A la suite de cette attaque où au moins deux Jumma ont été tués par les militaires, des violences ont éclaté dans d’autres parties des Chittagong Hill Tracts. Plus de 60 maisons jumma ont été détruites dans la région de Khagrachari.

Rémi Pflieger Chakma, représentant jumma en France a déclaré : ‘Les Chittagong Hill Tracts brûlent de nouveau. Des hommes sont tués, d’autres blessés. Des milliers de personnes se sont réfugiées dans la jungle pour échapper au massacre. Ce sont nos amis, ce sont nos cousins, ce sont nos frères. Des centaines de maisons, des villages entiers ont été réduits en cendres, d’autres brûlent encore et brûleront demain. Les nôtres vivent aujourd’hui dans la peur, ne sachant pas comment sera fait le lendemain. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés, nous devons agir pour que la paix revienne dans cette belle région du Bangladesh’.

L’Union européenne, qui a condamné ces attaques, appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante et à ce que les responsables soient poursuivis en justice. Les organisations jumma et des ONG telles que Survival, Amnesty et la Commission des Chittagong Hill Tracts ont également condamné ces attaques et appelé à une enquête.

Des centaines de milliers de colons ont été implantés dans les Hill Tracts durant ces soixante dernières années sous l’impulsion d’une politique cautionnée par les gouvernements successifs qui a déplacé les onze tribus jumma en les confrontant à une violente répression.

En 1997, les Jumma avaient signé un accord de paix avec le gouvernement qui engageait celui-ci à retirer les campements militaires de la région et à mettre fin à la spoliation des terres jumma par les colons et l’armée. Les Jumma avaient placé beaucoup d’espoir dans cet accord, mais les campements militaires sont toujours dans les Hill Tracts et la violence et la spoliation des terres continuent.

Jean-Patrick Razon, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘Les Jumma subissent depuis trop longtemps les tueries, la torture, le viol et la spoliation de leurs terres. Nous appelons le gouvernement bangladais à mettre fin de toute urgence à la violence armée dans les Chittagong Hill Tracts et à retirer les campements militaires tel que le prévoit l’accord de paix’.

Après les manifestations pacifiques qui ont eu lieu au Bangladesh, en Inde, au Royaume Uni et en Australie, l’association International Jumma Community appelle à un rassemblement pacifique ce samedi 6 mars à 13h sur le Parvis des droits de l’homme, place du Trocadéro, Paris.

Rémi Pflieger Chakma, représentant en France de la communauté jumma est disponible pour interview. Contact : 06 67 22 65 77 – [email protected]

Photos de l’attaque de Baghaihat disponibles

Contact Survival : Sophie Baillon – [email protected] – 01 42 41 44 10