Le Botswana torture et poursuit les Bushmen

Les autorités botswanaises poursuivent en justice 13 Bushmen gana et gwi pour 'avoir chassé sans permis' après qu'ils aient été torturés par des garde-forestiers. Ces persécutions représentent une nouvelle étape dans la volonté du gouvernement d'expulser les Bushmen de leur terre ancestrale, la réserve du Kalahari central.

Le procès des treize chasseurs, tous issus du même village, Molapo, s'ouvre aujourd'hui dans la ville de Lethlakane.  Les témoignages recueillis auprès des Bushmen par les représentants de Survival sur le terrain décrivent l'arrivée des fonctionnaires dans leur village en août 2000 et les tortures et les violences qu'ils leur ont infligées durant 6 jours : certains furent attachés à un arbre auquel il avait été mis le feu, d'autres à l'avant du véhicule des fonctionnaires et battus durant trois jours.

Bien qu'ils vivent de chasse et de cueillette sur ce même territoire depuis plus de 20 000 ans, les autorités exigent que les Bushmen ossèdent un permis de chasse au même titre que les touristes et restreignent leur quota de chasse à quelques antilopes par an et par chasseur alors qu'ils doivent subvenir aux besoins de familles nombreuses. L'objectif du gouvernement, dont le Président décrit les Gana et les Gwi comme des 'créatures de l'âge de pierre', est de rendre impossible leur mode de vie de chasseurs afin de les contraindre à quitter la réserve pour s'établir dans de sinistres camps de 'relocalisation'.

Les Bushmen encourent une peine d'emprisonnement de 5 ans.

Stephen Corry, directeur de Survival International a déclaré  : 'Ce sont les accusateurs eux-mêmes qui sont coupables devant le droit international et l'opinion publique. C'est le gouvernement du Botswana, coupable de violations de droits humains qui devrait se trouver dans le box des accusés et non les Bushmen, battus et torturés. Cette politique raciste à l'égard des Bushmen doit cesser immédiatement et leurs terres doivent leur être restituées'.

NB : Nous avons volontairement supprimé de l'orthographe des noms propres G//ana et G//wi les symboles phonétiques des 'clicks' / et // (consonnes inspirées) difficilement compréhensibles.