Prise d'otage d'ouvriers d'un barrage en Amazonie

Un barrage en construction en Amazonie brésilienne.
Un barrage en construction en Amazonie brésilienne.

© Survival International

Des Indiens brésiliens occupent le site d’une usine hydroélectrique exigeant d’être indemnisés pour les dommages causés par le barrage. Ils demandent également que leurs droits territoriaux soient reconnus et que tout nouveau projet hydroélectrique destructeur dans la région soit immédiatement annulé.

Environ 300 Indiens de onze groupes différents, dont une cinquantaine d’ Enawene Nawe, sont arrivés dimanche dernier sur le site du barrage de Dardanelos dans l’Etat du Mato Grosso en Amazonie et de nombreux autres Indiens sont en train de rejoindre le groupe.

100 employés ont été pris en otage sur le site du barrage dimanche dernier. Les manifestants ont ensuite laissé partir les employés qui ont été remplacés par des dirigeants de la compagnie. Selon les sources, il n’y a eu aucun blessé.

Les Indiens disent que le barrage est construit sur un site funéraire sacré.

Un porte-parole enawene nawe a déclaré à Survival : ‘Nous avons rejoint la manifestation pour attirer l’attention sur les dommages que causent les barrages, sur la reconnaissance de notre terre et les dangers de futurs projets comme celui-ci’.

77 barrages hydroélectriques de petite taille sont planifiés sur la rivière Juruena, en amont du territoire enawene nawe. Cinq sont en cours de construction.

Une autre série de barrages est planifiée sur la rivière Aripuanã, dont le barrage Dardanelos – le site de la manifestation – qui affecte les Indiens cinta larga et arara.

Les Indiens dont les moyens d’existence sont gravement menacés par ces barrages n’ont pas été consultés avant leur construction.

Les Enawene Nawe disent que les barrages polluent les rivières et tuent les poissons. Ils empêchent les Indiens de pratiquer le yãkwa, un rituel important au cours duquel ils construisent des barrages de branchages tressés dans les petites rivières et capturent les poissons à l’aide de grands paniers.

Ces deux dernières années, les Indiens n’ont pratiquement pas capturé de poissons, une catastrophe pour le groupe qui dépend principalement de cette source de protéines. Le gouvernement a dû leur fournir des tonnes de poisson d’élevage.

Les Indiens exigent de recevoir des indemnités équitables pour les dommages déjà causés par les barrages, que leurs territoires soient démarqués et protégés de façon urgente et l’arrêt de la construction de nouveaux barrages sans leur consentement.

Au début du mois, les Enawene Nawe et d’autres Indiens avaient manifesté contre les barrages dans la ville amazonienne de Sapezal.